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dimanche 16 janvier 2011

Le Vase d'Or

Je n'avais lu en fantastique essentiellement que du Gauthier ou encore du Allan Poe voire Lovecraft pour donner mes registres.
En revanche je n'avais jamais essayé Hoffmann pourtant célèbre dans cette branche littéraire. On m'a donc offert ce livre pour que je m'initie à cet auteur dont le style est clair et poétique. Le vase d'or est envoûtant, le lecteur a du mal à distinguer réel de fantastique. Le jeune protagoniste pourrait être seulement un simple d'esprit mais l'histoire se révèle plus complexe que cela et entraîne le lecteur dans un monde imaginaire teinté d'exotisme où les senteurs sont envoûtantes, enivrantes à en perdre la raison comme cela arrive à plus d'un dans cette nouvelle.

Je recommande ce livre aux férus de Fantastique s'ils n'ont jamais lu un des maîtres en la matière.

Aymeric.

samedi 24 avril 2010

Le parfum.

J'ai reçu ce livre il y a bien longtemps, en 2006. A l'époque, le film était sorti et je l'avais vu. En dépit de mon intérêt, j'ai laissé tomber la lecture et je ne sais pas trop pourquoi. En effet, Le parfum est une histoire de nez et l'odorat est un des sens que j'affectionne le plus. Je suis allée à Grasse, j'ai visité la parfumerie Fragonard et j'ai adoré ! Je voulais faire nez en réalité mais les études de chimie m'ont légèrement fait reculer et puis, je voulais être nez pour la parfumerie. Pas nez pour les produits vaisselle. Dommage.

Bref, j'ai fini par lire le livre et j'ai adoré. L'histoire nous emporte facilement et malgré le fait que Süskind soit allemand, il décrit vraiment bien la France du XVIIIème siècle, ce qui est un élément très positif de ce livre. Après, j'aime beaucoup le caractère profondément psychopathe de M. Jean-Baptiste Grenouille qui se sait infiniment supérieur à tous les autres êtres humains. En effet, il a le nez absolu si on peut dire et peut créer les parfums les plus délicats qui soient. Mais ses ambitions sont supérieures car il veut posséder le plus beau parfum qui existe: celui d'une jeune fille rousse et vierge. Grenouille commence par recréer l'odeur humaine avant de s'attaquer à ce projet qui le mènera peu à peu vers la violence et le meurtre. Eh oui, l'odeur des jeunes filles ne peut leur être arrachée autrement car il faut que Grenouille ait tout: l'odeur de la peau, celle des cheveux, celle des habits. Ce qui est intéressant c'est que Grenouille se fiche de la beauté de ces filles qu'il tue. Il est uniquement fasciné par les odeurs et veut créer le plus beau parfum du monde pour que le monde l'aime.

Sans révéler la fin -différente du film-, sachez juste qu'elle est le sommet de la folie et de la violence de Grenouille qui n'aura pas su aimer les hommes, en dépit de la création de SON parfum. Pauvre, pauvre Grenouille.

Laurane.

vendredi 5 février 2010

Fantaisies

Les Fantaisies à la manière de Callot sont réunies dans un livre que mon professeur de Français m'avait offert en Seconde à la suite d'un défi lecture (remporté youpi.). Je n'avais jamais réussi à le lire. Il faut dire que c'est un pavé de plus de 400 pages et que le style est parfois difficile.

Aujourd'hui en Anglais, notre prof nous a demandé s'il y avait des livres qu'on n'avait pas réussi à lire plus jeune et qu'on adore aujourd'hui. J'ai immédiatement pensé à celui-ci. Le début fut difficile mais il s'agit des plus belles histoires fantastiques que j'aie lu. Notamment le Vase d'or qui est juste sublime.

Bon, il faut que j'avoue: je ne l'ai pas lu en entier. J'ai sauté les Kreisleriana. Pas possible. Si je m'étais arrêtée à cette histoire, je n'aurai jamais lu la suite et découvert la beauté de ces Fantaisies. Ce qui aurait été vraiment dommage.

Le recueil regroupe (pour le fun je mets les titres en Allemand...) Jacques Callot, Ritter Gluck, Johannes Kreislers, des Kapellmesiters, musikalisch Leiden etc, Don Juan, Die neuesten Schicksale des Hundes Berganza, Der Magnetiseur, Der goldne Topf, Die Aubenteuer des Sylvester-Natch.

La goût pour ces histoires fut croissant: Jacques Callot fait une page. Il s'agit d'expliquer pourquoi le sous-titre du recueil est "à la manière de Callot".
Ritter Gluck alias Le Chevalier Gluck est une nouvelle assez courte sur un homme mystérieux qui est en fait un musicien célèbre. J'ai trouvé cette nouvelle d'un intérêt assez limité.
Puis ce fut au tour des Kreisleriana (titre tellement plus court en Français. La traduction du titre Allemand doit être Johannes Kreislers, maître de Chapelle de je sais pas quoi). Là drame. Aucune action. On assiste assez tragiquement à la folie (?) d'un homme qui ne fait que parler de musique. Je pense que j'essaierai de le relire car si le reste m'a plu, il n'y a pas de raison. Néanmoins je ne regrette pas d'avoir sauté ces pages.
Ensuite, j'ai lu Don Juan. Une histoire étrange aussi, qui évoque vraiment cette définition du fantastique: entre le rêve et la réalité. Néanmoins, je n'étais toujours pas enthousiasmée par ma lecture.
Mais heureusement, le Chien Berganza fit son apparition dans Récentes fortunes du Chien Berganza (alias Die neuesten Schicksale des Hundes Berganza ahah). Cette nouvelle, bien que plus longues que les précédentes, me captiva. Il s'agit d'un chien qui parle, eh oui, et qui raconte à un promeneur solitaire ses péripéties. Le ton est charmant, entraînant. Là, je me disais enfin "ah mais c'est bien finalement!". Et poursuivais donc ma lecture avec entrain.
Et quel entrain avec le Magnétiseur! Cette histoire tourne autour du magnétisme et du don d'un homme à hypnotiser une femme. Cette nouvelle tragique est aussi très réussie selon moi.
Mais la meilleure de toutes: Le Vase d'Or. Cette nouvelle est d'une incroyable beauté comme je vous l'ai dit. Ceci est lié au fait qu'elle mette en scène un jeune homme maladroit et rêveur qui croise sur son chemin un serpent aux yeux bleus, que tout le monde le prend pour un fou -d'autant plus qu'il a été maudit par une sorcière - et qu'elle raconte aussi des histoires merveilleuses d'un monde perdu où la Nature règne. Cette nouvelle est vraiment, vraiment, vraiment super. Si vous ne voulez pas lire tout le livre, sachez que le Vase d'Or existe en Folio 2euros.
Ensuite la dernière est La nuit de la St Sylvestre. Je l'ai trouvée moins bien que le Vase d'Or, mais il aurait été difficile de plus me plaire... Il s'agit d'un homme qui fuit une soirée parce que sa bien aimée est mariée (eh oui, on le comprend) et qui rencontre dans un bar deux hommes bizarres. L'un est Peter Schlemihl, le personnage de Chamisso qui a perdu son ombre et l'autre, Erasmus lui a perdu son reflet...

Sinon ce que je peux ajouter c'est que ces histoires mettent toujours un personnage témoin ou acteur. On peut donc se demander s'il ne s'agit pas toujours du même dans toutes ces histoires qui n'ont absolument aucun lien entre elles (à part que notre cher Maître de Chapelle qui est tout le temps cité). Mais je pense que oui.

Voilà, en tout cas je suis bien contente de l'avoir fini et je pense que ça valait le coup !

Laurane.

dimanche 24 janvier 2010

Seul dans Berlin de Hans Fallada



"Drôle de titre" me direz-vous? Qui n'a pas lu La mort est mon métier de Robert Merle qui retrace la vie de Rudolf Lang, commandant du tristement célèbre camp de la Mort Auschwitz. Nous avons souvent eu l'occasion de voir le point de vue extérieur de l'Allemagne nazie de la Seconde Guerre Mondiale. En tant qu'étranger nous nous formons toujours la même image de cette Allemagne nazie jusqu'à en oublier parfois que tous les Allemands n'étaient pas nazis.

Certains en effet ont rejeté cette idéologie, l'ont combattu, ont résisté comme ils ont pu soit passivement soit par des actes. Et bien c'est que nous propose Hans Fallada avec Seul dans Berlin. Un livre qui raconte différentes histoires parallèles, certaines qui se croisent et d'autres non...
Elle nous peint le tableau d'une Allemagne qui souffre de ces victimes de guerres: une mère de famille qui perd son fils unique et décide alors de combattre le parti qui l'a tué en l'envoyant dans une guerre atroce et barbare.
Les crimes de guerres nazis sont déjà connus de certains partisans, c'est le cas d'une mère de famille factrice. Son fils SS s'amuse à tuer des enfants juifs et se laisse volontiers photographié pendant ses exploits. Dégoutée, elle souhaite quitter le parti nazi, ce qui lui vaut un interrogatoire agrémenté d'une légère bastonnade à la sauce Stasi (si vous me permettez l'expression).
Un autre homme quant à lui veut travailler seul dans son coin, un ouvrier remarquable mais qui refuse toujours à adhérer (ils sont rares à ne pas être membre du NSDAP qui offre les promotions à tout bon partisan de la cause nazi) et se verra enfermer puis guillotiné... pour une "carte postale" dans laquelle il exprimait ses idées sur le parti.
Plus troublant est sans doute l'épisode de l'agent de la gestapo pris de remords et assailli par le doute du bienfait de toutes actions accomplies pour le parti.

Seul dans Berlin est un roman qui se lit "sans faim". Un roman qui nous montre une Allemagne nazie inédite dans laquelle tout le monde n'adhérait pas à l'idéologie nazie et où il ne faisait pas "bon de savoir le bien parler" (La Fontaine)


Aymeric.

Les souffrances du Jeune Werther de Goethe


Un livre qui m'a particulièrement plu, une esthétique singulière et propre à son auteur. Ce roman qui se présente plus sous la forme épistolaire puisque le jeune Werther raconte sa tragique histoire d'amour à son ami Whilelm Humml, plaira sans conteste aux initiés des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. Cependant si la trame de ce dernier est basé sur les stratagèmes élaborés par le Vicomte de Valmont et la Marquise de Meurteuil, dans l'oeuvre de Goethe le lecteur doit s'attendre à une atmosphère pesante qui laisse présager la tragique fin du jeune garçon éperdument amoureux de la belle Lotte.
L'histoire qui se déroule dans le village de W. (les notes supposent qu'il s'agit de la ville de Wahlheilm mais cela n'apporte rien à la compréhension du récit) raconte l'amour désespéré d'un jeune beau garçon, Whilelm, qui tombe follement amoureux de la belle et pure Lotte. Malheureusement, celle-ci promise à un autre homme dénommé Albert lui reste fidèle jusqu'à la fin du roman.
Ainsi Les souffrances du Jeune Werther nous relate les différentes étapes du désespoir de ce pauvre Whilelm qui, ne pouvant ni renoncer à son amour pour Lotte ni espérer être un jour aimé de celle-ci, se suicide finalement.
Goethe va même plus loin dans le Tragos car il va jusqu'à expliquer les événements se déroulant après la mort du jeune homme en montrant le refus de l'Eglise d'inhumer le corps du jeune homme.

Un livre que je recommande fortement mais à condition de ne pas sombrer soi-même dans le désespoir d'un amour impossible... En conclusion, un très beau roman allemand qui s'adresse aux passionnés du "spleen" de notre cher Baudelaire ou encore aux romantiques de La Princesse de Clèves et de l'amour impossible de Monsieur de Nemours envers l'héroïne éponyme. Un livre qui pose la fidélité comme principe ou plutôt comme la profonde vertu de la femme, instrument paradoxal de désir et de désespoir. La place de la femme dans l'Antiquité est ici remise en cause car comme tout le monde le sait: la femme de Pandore à Eve est la cause de bien des maux. Le point de vue de l'auteur ici serait de montrer que c'est l'homme et uniquement lui qui s'autodétruit pour son amour idéal envers la femme. La pauvre créature féminine n'est pour rien dans la destruction de l'homme et ne s'avilit à aucun moment.


Aymeric J.