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dimanche 16 janvier 2011

La Bataille

La Bataille, prix Goncourt de 1998, écrit par Patrick Rambaud fait partie d'un de ces livres auxquels on regrette qu'il y ait une fin.

L'histoire se déroule en 1809 lors de la Bataille d'Eylau, première défaite de Napoléon qui marque aussi le début de la fin de la toute puissance de l'Empire et de sa Grande Armée.
Ce livre peut s'adresser tout aussi bien aux nostalgiques de L'Empire comme à ceux qui n'y connaissent rien pour se donner une image du pouvoir et de l'influence de ce Corse sur ses hommes.
Ce roman est très précis sur le mode de gestion des troupes, l'administration, l'intendance et tous les problèmes que peuvent rencontrer ou plutôt qu'a pu rencontrer la plus Grande Armée d'Europe du XIXe siècle.
Même s'il s'agit d'une défaite dans l'Histoire, Rambaud nous présente celle-ci comme une demi défaite puisque l'armée de l'Archiduc a été saignée à blanc et que Wagram, victoire sur ce dernier n'est qu'une question de mois.

Aymeric.

L'inutile Beauté


J'apprécie beaucoup les nouvelles de Maupassant et c'est donc avec surprise que j'ai lu celle-ci (pensant que je les avais déjà toutes lues).
Je ne me souviens pas de l'auteur de cette expression mais cette nouvelle éponyme correspond parfaitement à cette description: "que faut-il pour qu'un roman plaise? - et bien de l'aristocratie pour les valeurs, de l'intrigue et du sexe pour captiver l'auteur, ce qui nous donne: la comtesse est enceinte, oui mais de qui?"
Cette nouvelle se résume très bien en cette seule phrase précitée et il est inutile de s'attarder plus dessus au risque de gâcher tout le suspens. Toutefois je peux me permettre de signaler que cet ouvrage relate aussi la souffrance d'un homme qui aime sa femme d'un amour fou et malheureusement jaloux qui la préfère grosse d'un enfant pour être sûr qu'elle n'attire plus les convoitises des autres hommes. Et ce sera tout.

En outre ce recueil de contes et nouvelles de l'ami Maupassant comprend d'autres histoires parfois pittoresques en fonction du milieu décrit (comme l'histoire des canotiers) ou alors provinciales, etc.

Aymeric.

Fortune de France


Bonsoir, c'est après une longue absence que je refais enfin surface sur ce blog. Je suis désolé à tous ceux (ou à celle) que j'ai déçu par ce manque de rigueur.

Donc aujourd'hui j'ai décidé de vous parler de la saga Fortune de France, livre que j'ai commencé il y a bien longtemps en 2010 et que j'ai eu beaucoup de mal à lâcher pour un autre (il y a en effet plus de 13 tomes et je me suis arrêté au 4 avec regret mais j'y reviendrai).

Ce livre de Robert Merle relate l'épopée du jeune Pierre de Siorac, fils huguenot de Jean de Siorac anobli à la bataille des Cévennes. Le jeune Pierre n'est pas l'aîné et doit par conséquent assurer lui-même sa fortune dans l'avenir.

Pour replacer tout d'abord l'histoire dans son contexte, il faut savoir que le XVIe siècle est la période la plus trouble pour la France avec en 1517 le schisme entre l'Eglise catholique et celle protestante. Pendant un siècle, la France est ravagée par les guerres de religion et ne trouvera de réel repos avant l'intronisation de Henri IV.

Le premier tome Fortune de France raconte l'enfance de Pierre aux côté de son frère ainé Francois (l'égoiste et prétentieux) et de son frère bâtard Samson (aussi beau qu'un ange mais aussi simple qu'un enfant).
Dans les tomes suivants mêlant histoire et aventures aussi bien d'épée qu'amoureuses (car Pierre court après le beau sexe avec ferveur depuis ses 8-10 ans - nous sommes au XVIe siècle n'oublions pas).

Puis le tome suivant intitulé Nos vertes années nous fait découvrir la ville de Montpellier renommé pour son école de médecine. Le père Siorac étant au départ roturier avait fait des études de médecine et décide de faire suivre à son fils cadet le même chemin avec brio;
Intrigues, inquisition, bûcher, embuscades, tristesse, joie et amour seront sur la route des deux jeunes héros: Pierre et Samson (ainsi que le valet fidèle Miroul, jeune protestant "recueilli" par le Baron de Siorac).

Paris ma bonne ville se déroule à -comme vous pouvez aisément le deviner - à ... Montpellier au début puis à Sarlat où à l'issue d'un duel, Pierre avec son frère adoré doit aller plaider sa grâce auprès de Charles IX, le roi capricieux, puérile toujours sous le grappin de la Médicis qui le pousse à la Saint-Barthélémy en 1572. Année et surtout mois où les deux protagonistes se trouvent justement.

Enfin Le Prince que voilà, retrace le règne difficile d'Henri III dont le pouvoir est fortement ébranlé par la Ligue appuyé par le Catholique Espagnol et son Invincible Armada parti chasser l'hérésie de l'Angleterre Protestante.

Je ne vous en dis pas plus sinon où serait l'intérêt de le lire.
En tout cas cette saga me captive au plus haut point.

Aymeric.

samedi 1 janvier 2011

Belle du Seigneur


843 pages de bonheur !

C'est l'histoire d'amour folle entre Ariane et Solal. Mais avant, c'est la conquête, le ridicule des Deume, la vie à Genève...
Puis c'est le drame de la passion amoureuse qui enferme la belle (mais sotte ?) Ariane et le beau (mais réaliste ?) Solal. Tous les deux sont si beaux qu'ils n'acceptent pas de se montrer dans la faiblesse du matin, ou sans robe du soir (costume blanc pour Solal). Bientôt leur amour semble sans issue...

Cohen parle aussi de la montée du nazisme et il y a visiblement une part d'autobiographie dans ce qu'il raconte.

Certains passages sont un peu difficiles à lire lorsqu'il ne s'agit que d'un immense monologue sans ponctuation. En général, on se trouve dans la tête d'Ariane.

J'ai vraiment dévoré ce livre qui est magnifique. Peut-on vraiment vivre uniquement d'amour et d'eau fraîche ?

Laurane.

Sodome et Gomorrhe

J'ai du arrêter ma lecture de Du côté de Guermantes au milieu car il fallait passer à ce tome là pour les cours...

Sodome et Gomorrhe est le tome 4 de La recherche et selon la construction en cathédrale de Proust, le tome central, tome du temps perdu par excellence. Cela signifie que c'est le tome dans lequel on trouve le plus d' "intrigues". Eh oui, il y a du suspens... Le narrateur s'éloigne de plus en plus de sa vocation artistique pour se lancer dans une histoire d'amour tumultueuse avec Albertine. Proust propose aussi d'observer de près l'artistocratie et critique ces gens qu'il a cotoyé avec beaucoup d'humour.

Il va falloir que je finisse le tome 3 et que je termine
La recherche maintenant ...

Laurane.

dimanche 12 septembre 2010

A l'ombre des jeunes filles en fleurs.


La lecture du tome 2 est plus facile, je crois, que celle du premier tome. Même si Un amour de Swann était juste sublime, il est vrai que le reste du livre est surtout constitué de descriptions soit de paysages, soit des sentiments du narrateur. Ici, l'intrigue s'accélère. Au début du tome, le narrateur et Gilberte sont amis et Marcel (appelons-le ainsi) passe la plupart de son temps chez les Swann. Malheureusement, cette amitié (pour lui de l'amour) ne dure pas car Gilberte n'a pas les mêmes sentiments. Marcel, personnage alors torturé décide de la fuir pour guérir son chagrin. C'est ainsi qu'il part en vacances à Balbec (Cabourg, dans la vraie vie) pour plusieurs mois. Cette destination lui est d'ailleurs recommandée par son médecin car le petit Marcel a la santé fragile... Il part avec sa grand-mère adorée et là le livre subi un petit passage à vide puis l'action revient grâce à la personne du Marquis de Saint-Loup. Marcel découvre la "haute" et fait connaissance avec Monsieur de Charlus, alors identifié comme un tombeur (pourtant il découvrira que Charlus est homosexuel). Bref, la lecture est agréable, encore plus lorsqu'on rencontre le peintre Elstir et le livre connait son apogée avec l'arrivée d'ELLES: les jeunes filles en fleurs...

Elles sont au nombre de cinq ou six, nous n'en connaissons que quatre : Albertine, Andrée, Gisèle et Rosemonde. Elles sont belles, elles sont jeunes, elles sont mystérieuses. En fait, elles sont cool.
Je trouve que c'est vraiment la partie la plus intéressante du livre. La fin est très belle, il y a beaucoup de belles phrases. Par exemple :

"Les créatures surnaturelles qu'elles avaient été un instant pour moi mettaient encore, même à mon insu, quelque merveilleux dans les rapports les plus banals que j'avais avec elle, ou plutôt préservaient ces rapports d'avoir jamais rien de banal."

Ainsi, je poursuis ma route à travers Proust...

"Mais qu'importait ? En ce moment, c'était la saison des fleurs"...

Laurane.

Le Comte de Monte Cristo d'A. Dumas





J'ai adoré cette saga en deux tomes que j'ai dévoré en l'espace de quelques petites semaines. Si vous aimez les romans d'Alexandre Dumas, celui-ci vous est particulièrement destiné.
L'histoire d'un jeune homme Edmond Dantès, marin promu à ses 20 ans au rang de capitaine qui va bientôt épouser la plus belle jeune fille de Marseille, la catalane Mercedès.
Tout sourit à ce jeune homme insouciant et heureux des bonheurs que lui offre la Providence jusqu'au jour fatidique de ses fiançailles. Insouciant, certes Dantès l'est, car il est aveuglé par la clarté de son bonheur à tel point qu'il ne voit pas que derrière lui il laisse plusieurs jaloux et envieux de son destin.
Au moment même où dans sa vie il va atteindre les cimes de la félicité commence la pire descente aux enfers qu'il n'aurait jamais pu imaginer.
Jeté en prison pendant plusieurs années sans en connaître la raison, un homme va lui ouvrir les yeux sur la raison de son sort et va le doter des instruments utiles à sa vengeance.
Edmond Dantès est mort. Le Comte de Monte Cristo est né! Riche de plusieurs millions (je ne vous dévoile pas comment il les a obtenu) le seul but de sa vie est de faire le bien autour de lui, de remplacer la Providence qui l'avait abandonné plusieurs décennies plus tôt. Et d'incarner surtout la main de la Justice pour juger tous les misérables qui ont osé piétiner ses rêves, son bonheur et plonger ses amis dans le même puits de désespoir.

Je recommande chaudement ce livre qui m'a laissé pour seul regret d'avoir une fin.

Aymeric.

lundi 12 juillet 2010

Du côté de chez Swann

Ca va sûrement être la critique la plus difficile à écrire. Comment faire une "critique" de Proust ? Surtout qu'il ne s'agit après tout que du premier tome... J'ai mis du temps à le lire car j'étais en stage et que j'ai lu deux autres livres entre temps. Il faut quand même de la concentration pour le lire. Mais je n'ai pas du tout été découragée et je lirai avec plaisir les six autres tomes (dont un obligatoire pour les cours...).
Le style de Proust est exquis: voici un mot désuet et charmant qui me paraît adapté pour le décrire. Quand j'aime particulièrement un passage dans un livre, je corne la page. Normalement, cela m'arrive assez peu car je n'aime pas (je déteste) torturer mes livres. Mais là, plusieurs... Je pense notamment à un moment où le narrateur décrit une fleur en la comparant à une jeune fille, magnifique.
Evidemment, lorsqu'on en arrive à la seconde partie, Un amour de Swann, on est d'autant plus captivés que l'histoire est vraiment fascinante. Je comprends pourquoi cette partie, tout comme Les intermittences du coeur dans Sodome et Gomorrhe, a été éditée comme s'il s'agissait d'un roman à part entière. C'est une histoire d'amour qui évoque toutes ses joies et tous ses tourments. Elle est censée "planter le décor" car c'est une histoire dans laquelle le narrateur se reconnaîtra, de plus, elle présente la société parisienne telle qu'on la croisera dans toute la Recherche.
Que dire d'autre ? J'imagine que je ne pourrai donner un avis plus complet quand j'aurai tout lu... d'ici peu j'espère !

Laurane.

dimanche 20 juin 2010

La Sibylline

J'ai reçu ce livre à l'occasion de Masse critique, proposé par Babelio. Il s'agit de choisir un livre, d'avoir la chance de le recevoir et de donner son avis. Trop chouette, non ?

J'ai choisi ce livre parmi ceux proposés car je trouve la couverture très belle (pour commencer). Ce violet... Le résumé évoque aussi Proust, évidemment j'ai été charmée. De plus, j'aime assez les biographies romancées. Le problème c'est que je ne connaissais pas du tout cette femme, Misia Sert. Forcément, ça ne donne pas la même chose à la lecture car j'étais moins touchée. Mais cela reste indépendant du livre.

Ce livre est bien écrit, le style au début me gênait un peu car il me semblait en faire trop. Oui, il s'agit d'une femme très célèbre, adulée etc mais cela m'énervait parfois de la voir se vanter en quelque sorte (Si on peut dire...). Et puis il y a un peu trop de référence à des tas d'artistes. Mais une fois qu'on sait que c'est le milieu dans lequel elle baigne, que c'est que l'auteur voulait raconter on s'y fait et on se laisse plutôt entraîner par cette histoire. Je pense que Maryse Wolinski s'est de plus en plus sentie concernée par son personnage et que cela se retrouve dans l'écriture. La fin était poignante, je ne pouvais plus lâcher le livre alors qu'au début, franchement, je le lisais comme ça.

Pour moi c'est donc un livre très agréable à lire, qui évoque une époque que j'aime beaucoup, celle du début du siècle, puis les années folles... Et surtout, j'ai adoré la présence de Colette, de Proust et de Coco Chanel -bien qu'elle paraisse assez désagréable. Je pense que si j'avais connu avant Misia Sert, j'aurais été beaucoup plus intéressée par ce livre dès le début.

Une réserve néanmoins: pourquoi le livre commence-t-il en 1952, époque où Misia commence à raconter son histoire, alors qu'on peut lire à la fin " octobre 1950 : au lendemain des funérailles de Misia Sert"... ? De toute évidence c'est une erreur d'impression car Misia est morte en octobre 1950.

Laurane.


Critiques et infos sur Babelio.com

lundi 14 juin 2010

Les femmes du braconnier


Voici un livre que j'ai littéralement dévoré ! Magnifique.
C'est l'histoire d'amour de Sylvia Plath, poète américaine, et de Ted Hughes, poète anglais. Tous deux se rencontrent à Cambridge et très vite se marient. Alors que leur vie semble être au comble de la perfection, le couple éclate. En effet, ils viennent d'acheter une maison à la campagne, Court Green, dans le Devon, sont parents d'une petite Frieda et un garçon est à naître. Le couple est menacé d'une part par les antécédents psychologiques de Sylvia, qui a subi un traitement aux électrochocs à la suite d'une tentative de suicide (à l'âge de vingt ans) et d'autre p art par la rencontre d'un couple. Ce couple -les Wewill - ont acheté leur ancien appartement et sont invités à visiter la maison de campagne. Ted se disait insensible au charme de la belle Assia et pourtant c'est leur liaison qui fait exploser le couple Hughes, moins d'un an après l'achat de Court Green et juste après la naissance de Nicholas. Assia de son côté reste avec son mari qui fut auparavant son amant. Il pense donc pouvoir supporter cette relation. Par contre, Sylvia, elle, ne peut pas et met fin à ses jours le 11 février 1963. Elle met la tête dans le four après avoir précautionneusement scotché la porte de la cuisine, afin que ses enfants se sentent pas le gaz. La vie de Ted et Assia bascule car ils seront désormais hantés par la mort de cette femme vive, éclatante et pourtant si fragile. Le schéma semble se répéter pour ce nouveau couple: Assia tombe enceinte (bien qu'elle soit toujours mariée, Ted reconnaît l'enfant), la famille s'installe un temps en Irlande... Mais les ennuis recommencent quand la mère de Ted tombe malade. Assia et Shura, sa fille, retournent vivre seules à Londres. Le 23 mars 1969, Assia et sa fille sont retrouvées mortes, asphyxiées par le gaz.

Il est rare que je raconte toute l'histoire d'un livre. Mais ici, c'était tellement poignant. La fin du livre n'est qu'une suite de morts. C'est un destin tragique qui s'est mêlé à la vie de Ted Hughes, pourtant si robuste. Son fils Nicholas s'est d'ailleurs suicidé en mars 2009, perpétuant la tragédie. Frieda est la seule survivante de cette famille d'artiste au coeur fragile.

J'ai été vraiment frappée par ce livre qui permet d'entrer au coeur de la vie de ces poètes. Au début, c'est gai, c'est l'amour, le succès. On voit bien que Sylvia est tourmentée, mais on l'oublie presque. Dès lors qu'elle se suicide, le livre bascule dans une autre ambiance: grave. Ce livre est tellement dense, il y aurait tant à dire ! Car Claude Pujade-Renaud parle aussi du conflit intérieur de ces deux femmes hantées par l'Holocauste: Assia mi-juive, mi-allemande (à l'époque, difficile d'être les deux), Sylvia, bouleversée par la mort précoce de son père, cet Allemand, celui qu'elle traite de nazi (il ne l'était pas néanmoins !).

A part ça, Claude Pujade-Renaud est venue à la librairie dans laquelle j'ai fait mon stage. C'était vraiment une coïncidence car je voulais lire ce livre depuis sa sortie. C'était très intéressant et j'ai pu après discuter avec elle (avec M. Aymeric qui s'est lancé dans un grand débat littéraire avec elle). Ce qui est surprenant, c'est que Claude Pujade-Renaud est une vieille femme mais son écriture est si vive ! On a du mal à imaginer qu'une femme de plus de 70 ans parle avec autant de force de la brutalité sexuelle de Ted, du sexe en général, souvent évoqué.

Pour conclure, je dirais juste que c'est un très bon livre, très marquant, très fort. Et la couverture est absolument magnifique n'est-ce pas ?

" Autour des mots et des animaux "...

Laurane.

mercredi 2 juin 2010

Boule de suif et autres histoires de guerre

Boule de Suif et autres histoires de guerre
de Maupassant


Je vais tâcher de faire aussi court que Maupassant le fait avec ses propres nouvelles pour en donner une rapide impression.

Ce recueil m'a accompagné (assez peu longtemps à mon grand dam) dans le train. Si vous n'aimez pas vous lancer dans des histoires longues et que vous faites de courts trajets, ce livre peut s'avérer la fin de votre ennui quotidien.

L'histoire à l'honneur est ici celle de Boule de Suif, cette petite prostituée rouennaise plus patriotique que n'importe quel bourgeois. Pour Boule de Suif, la patrie passe avant tout, pour d'autres ce sont les affaires. Lisez donc cette cynique aventure pour voir quelle confiance on pouvait avoir en les riches de ce monde.

Mais attention il y a plusieurs autres nouvelles patriotiques dans ce recueil et toutes concernent la guerre franco-prussienne de 1870. D'ailleurs il est amusant de constater que l'auteur a par trois fois repris une même note pour écrire trois histoires distinctes mais fort similaires (même que dans l'annexe on remarque qu'il en avait fait encore 3 autres en plus, comme quoi Maupassant avait été touché par cette aventure).
L'auteur met l'accent sur le patriotisme français malgré la défaite dans Mademoiselle Fifi où une prostituée tue un officier pour venger l'honneur des soldats français. Dans La Moustache, une noble pleure devant les soldats français morts aux champs d'honneur qu'elle reconnait notamment à leur moustache car la moustache est française sacrebleu.
D'autres récits sont burlesques comme le médecin républicain cherchant à tout prix à prendre le pouvoir le 4 septembre 1871 dès la proclamation de la IIIe République dans sa petite commune tenu par un maire impérial. On a alors le plaisir de voir une scène complètement tourné en dérision de ce petit docteur provincial républicain qui prend de grands airs dans un bled où tout le monde se fiche de politique.
Ou encore les prussiens emprisonnés par une bonne femme à la cave, etc. Mais il y a aussi des récits terribles, un vieux colonel décrit "l'HORRIBLE" puisque la noyade d'un jeune couple marié ne l'émeut point: il raconte le cannibalisme survenu dans un régiment perdu en plein désert.


Enfin bref Maupassant nous livre dans ce petit recueil de nouvelles la survivance du patriotisme en France malgré la débâcle et la chute du Second Empire.

mercredi 26 mai 2010

Les Trois Mousquetaires et Vingt ans après de Dumas.



Les Trois mousquetaires et Vingt ans après.

Je préfère vous avertir d'emblée, amis lecteurs, les romans de cape et d'épée constituent mon plat favori! Je dévore ces livres en un rien de temps et j'en demande encore jusqu'à plus soif. Or ma soif de littérature romanesque est sans fin!
Par conséquent j'ai décidé de faire une critique de ces deux livres en une seule puisque j'ai lu les deux à la suite.

Les Trois Mousquetaires de Dumas, une des oeuvres majeures de cet auteur avec celle duComte de Monte Cristo. L'histoire se déroule en 1628, un jeune noble d'Artagnan sans fortune va se rendre à Paris pour se ranger au service du Roi Louis XIII en intégrant le corps des Mousquetaires, garde d'élite de l'armée de sa Majesté.
C'est pour cette raison qu'entrer au sein de ce corps d'armes n'est point une chose aisée et que faire ses preuves, soit par deux ans de service auprès des gardes de Monsieur des Essarts ou en réalisant divers exploits, est nécessaire.

Le jeune d'Artagnan dans son infortune va rencontrer trois personnages des plus insolites aux caractères paradoxaux néanmoins complémentaires: Athos, Porthos et Aramis. Pour avoir offensés (involontairement) les trois meilleurs mousquetaires de Monsieur de la Fère Capitaine des Mousquetaires il organise successivement et respectivement trois duels. Mais ceux-ci sont perturbés par l'arrivée des gardes du Cardinal Richelieu qui vouent une haine virulente à l'égard des gardes du Roi.
Du combat qui s'ensuit les quatres protagonistes vont devenir les plus grands amis du monde.
L'intrigue de ce roman consiste au siège de la Rochelle, aux déboires des quatre amis, à une série de complots à l'égard de la Reine de France, du Duc de Buckingham, de d'Artagnan et de sa belle, mis en scène par la diabolique Lady de Winter, le Comte de Rochefort, etc.

En ce qui concerne le roman Vingt Ans Après, l'action se déroule en 1648 , c'est-à-dire en pleine Fronde nobiliaire. Cette dernière va opposer les quatre inséparables amis pour la première et dernière fois, les uns prenant le parti du calculateur Cardinal Mazarin, les autres le parti des Princes du Sang. Cependant malgré leur divergence d'opinion et pour sauver le Roi Charles d'Angleterre de sa tragique destinée à la demande d'Henriette d'Angleterre, Athos, Aramis, Porthos et d'Artagnan se rassemblent et passent outre manche.

Enfin vous pouvez constater sans vouloir tout vous divulguer que ces deux romans sont une véritable partie de plaisir pour tout historien. Si vous appréciez l'histoire romancée, je vous recommande fortement ces livres. Une manière de voir une partie de l'Histoire de France de l'Ancien Régime à travers quatre héros fantastiques de Dumas.

Aymeric.

samedi 24 avril 2010

Dans un mois, dans un an.


J'ai lu ce roman de Sagan comme on se balade dans les champs ou sur la plage au printemps. C'est toujours l'impression que j'ai lorsque je lis du Sagan. L'écriture me fait penser à celle de Colette que j'adore et que j'adule. Sagan sait toujours créer des personnages réalistes dans des histoires qui le sont tout autant. Pour moi, c'est le portrait de sa vie et celui du Paris de ces années.

Dans un mois, dans un an est un court roman, comme toujours, où de nombreux personnages se croisent. Il y a Josée la passionnée, Bernard qui est amoureux d'elle et qui délaisse sa femme Nicole, et puis Alain qui est amoureux de Béatrice elle-même courtisée par Edouard le neveu d'Alain. Ouf respirons ! Alain est marié à Fanny depuis des siècles et leur amour semble s'émousser à cause de cette Béatrice... Et il y a Joylau, qui pour dire les choses simplement, fout la merde en courtisant Béatrice laissant Alain et Edouard profondément malheureux. Et enfin, il y a Jacques l'amant farouche de Josée.

Donc, on a une farandole de personnages. Et chacun a son caractère: l'une est vive, l'autre est naïf, l'un est désespéré, l'autre est résignée etc. Sagan dresse le portrait d'une micro-société où l'on regarde les membres évoluer. La question est: dans un mois, dans un an, les choses auront-elles changé ?

Sagan, c'est une pause si douce que je suis bien heureuse d'avoir mon gros Bouquin. Lorsque j'ai envie de m'évader, je lis un de ses romans et le tour est joué.

Laurane.

L'été meurtrier.

Ouh là là! Je viens juste de me rendre compte que le film avec Adjani est l'adaptation de ce livre. Je suis bête et je vais aller le regarder.

J'ai choisi ce livre un peu par hasard dans ma bibliothèque. Ma grand-mère me l'a donné il y a longtemps et je n'avais jamais eu l'intention de le lire. Et puis Célia, dans ma classe, a présenté un policier écrit par Japrisot en cours de Librairie et quand j'ai vu ce livre alors que j'étais à la recherche du coup de coeur, je l'ai choisi. Le coup de coeur, c'est lorsque je cherche un nouveau livre à lire et que mon regard erre sur les étagères avant de dire: "c'est lui et c'est tout".

Et je n'ai pas regretté mon choix. Ce livre se compose de six chapitres où le narrateur change à chaque fois, nous offrant à chaque fois un nouveau point de vue à l'histoire. Ces chapitres sont intitulés: "le bourreau" (Pinpon), "la victime" (Elle), "le témoin" (la tante de Pinpon), "l'acte d'accusation" (la mère de Elle), "la sentence" (Elle) et "l'exécution" (Pinpon). La structure du livre montre donc qu'on a affaire à un procès dont je ne peux pas vous révéler l'enjeu car sinon il n'y a plus de suspense.

Juste le début... Pinpon alias Florimond est un homme de trente ans, vivant dans un village dans le Sud. Il a deux frères: Mickey alias Michel et Bou-bou dont on ne connaît pas le prénom. Sa mère est veuve et ils vivent aussi avec Cognata, la tante sourde des garçons. Dans ce village, la tranquillité est bouleversée par l'arrivée de Elle alias Eliane dont la beauté fait des ravages. Elle est une jeune femme de vingt ans très tourmentée par un passé qui est pour l'instant tenu secret. Pinpon tombe follement amoureux d'elle mais Elle est-elle réellement sensible à son charme ou ses intentions sont-elles moins romantiques qu'on ne le croit?

Un livre de 433 pages que j'ai eu bien du mal à lâcher. La fin tragique me fait penser à celle de Belle de jour. Certains auteurs semblent prendre beaucoup de plaisir à créer des fins violentes autant physiquement pour leurs pauvres personnages que psychologiquement pour nous, pauvres lecteurs.

A lire si on cherche un roman captivant et policier sur les bords.

Laurane.

mercredi 31 mars 2010

Le Chevalier des Touches de Barbey d'Aurevilly

"C'est même plus beau! dit le baron. Leur petit carré n'a pas été enfoncé, à eux, à ces Onze! Et ce sont eux au contraire qui ont enfoncé le grand carré des paysans, qui les tenaient de tête, de queue et des deux flancs [...] Le Diable m'emporte c'est plus beau!"

Anatole France a mille fois raisons de dire du bien de ce livre. Le Chevalier des Touches, roman de Barbey d'Aurevilly ressuscitent les fantômes du passé de la Chouannerie, épisode sanglant de l'après 1789. La chouannerie, faut-il vous rappeler ce que c'est?

La chouannerie comme le définit l'Encyclopedia Universalis désigne "une série d'insurrections et de mouvements contre-révolutionnaires qui affectent l'ouest de la France. L'origine de ces chouanneries – on peut en parler au pluriel – est le mécontentement des ruraux devant les mesures politiques et religieuses de la Révolution française prises après 1791. Des communautés rurales refusent, dès 1791-1792, la création de l'Église constitutionnelle et la vente des biens de l'Église, et se montrent jalouses de leur indépendance vis-à-vis des administrateurs des districts et des départements. Ce mouvement débouche en Bretagne sur de véritables insurrections locales, dans le Finistère, dans le Morbihan, en Loire-Inférieure, entraînant parfois morts d'hommes."

Le "parfois" usité par l'encyclopédie m'apparaît à la limite de l'insulte ici car lorsqu'on lit le Chevalier des Touches, on comprend qu'il s'agit d'un vilain euphémisme. En effet, dans ce roman de capes et d'épées, les embuscades, les ruses, les assauts, les prouesses héroïques des Nobles chouans constituent toute la trame romanesque de ce livre.

Pour vous donner un aperçu des péripéties de ce livre, sachez que l'histoire se passe au début du XIXe siècle, donc à la fin de la chouannerie et sous l'Empire. L'histoire en elle-même se déroule dans la petite ville de Valognes, auprès d'un feu qui rassemble deux vieilles filles nobles: les Touffedelys, Mademoiselle Percy et enfin en ce qui concerne la gente féminine Aimée de Spens qui fut "Longtemps l'Astre du jour" mais qui demeur toujours "l'astre des nuits", et deux vieux gentilshommes: le Baron de Fierdrap et l'Abbé Percy. La rencontre par l'Abbé de Percy avec le Chevalier des Touches que tout le monde croyait jusqu'ici mort pousse une des deux soeurs Touffedelys à raconter la vie singulière de ce héros de la Chouannerie.

L'histoire de Mlle De Touffedelys, qui avait pris une grande part aux actions de la guerre, raconte comment Douze Nobles avaient enlevés des Républicains ceux que tous appelaient pour sa beauté la "Belle Hélène". Mais le Chevalier des Touches était aussi courageux, brave, téméraire, fort et malin qu'il n'était beau! Ne parler de sa beauté ne serait qu'une insulte à cette grande personne.

Ce livre m'a fortement impressionné d'autant plus que j'apprécie les romans historiques de l'Ancien Régime jusqu'à la fin du XIXe siècle. J'irais même bien jusqu'à plagier Anatole France en lui reprenant sa formule pour décrire son impression vis-à-vis de ce roman "Ce livre me donna le frisson". Par conséquent, je vais seulement me permettre de recommander fortement ce livre à tous les férus de romans de cape et d'épée en espérant que la vive bouffée d'adrénaline que j'ai ressenti parcourt leur échine à leur tour.
Aymeric

lundi 22 mars 2010

Trois femmes puissantes



Comment aborder ce livre? Je devais le lire pour l'IUT et tout le monde disait "que c'était nul, que j'allais me faire ch***". Difficile alors d'appréhender avec joie ce prix Goncourt que je voulais pourtant lire depuis sa sortie à la fin du mois d'août.

Alors je l'ai commencé en me disant que c'était "relou" que bon, je le lisais car il le fallait. Et pourtant Marie N'Diaye a quand même un style -comment dire?- élégant, littéraire... Un style qui m'a attirée immédiatement. De plus, le premier chapitre est assez captivant. J'ai donc réussi à me plonger avec plaisir dans ce livre. Cela s'est gâté au deuxième chapitre où la lecture devient plus laborieuse mais en m'accrochant (sans faire trop d'efforts néanmoins) j'ai beaucoup aimé (aussi) cette histoire, et la troisième, et l'ensemble... Donc, oui, j'aime Trois femmes puissantes.

Mais de quoi parle ce livre composé de trois chapitres qui semblent n'avoir rien à avoir les uns avec les autres ? Il est difficile de faire un résumé et d'expliquer en quoi ces femmes sont puissantes. A vrai dire il s'agit un peu de la question que j'avais à faire aujourd'hui en Littérature.

Tout d'abord, il s'agit de Norah, qui rend visite à son père à Dakar. Celui-ci veut qu'elle sorte son frère Sony de prison -frère que son père a emmené avec lui en Afrique alors qu'il n'avait que trois ans. Mais l'histoire de Sony s'avère assez horrible et Norah ne sait pas comment réagir face à son père, avec lequel les relations sont difficiles. Ensuite, on a Fanta et Rudy, qui vont aller vivre en France en abandonnant leur statut de professeurs de Littérature à cause de la violence de Rudy à l'encontre d'un de ses élèves. Rudy est devenu jaloux et ne supporte pas sa vie. On a donc dans ce chapitre son monologue intérieur rempli de rage, de désespoir. Enfin, la dernière histoire nous parle de Khady Demba, jeune veuve envoyée en France par sa belle-famille. Mais le trajet pour rejoindre notre pays n'est pas aisé et il se peut même qu'elle ne l'atteigne jamais...

Khady est la cousine de Fanta. Elle a aussi gardé les enfants du père de Norah. Il y a aussi Dakar et Dara Salam comme toile de fond. Voilà pour les repères. Car sinon ces histoires paraissent éloignées. Mais le point commun, c'est le courage de ces femmes Africaines qui doivent lutter contre leur destin, contre les obstacles qui semblent les accabler. Norah lutte contre son père, Fanta lutte contre son mari qui a détruit sa vie en l'amenant en France et Khady qui lutte contre son destin en tentant de fuir une situation trop précaire. Et elles réussissent, elles triomphent. C'est en cela qu'elles sont Puissantes.

Laurane.

vendredi 12 mars 2010

Le lion

Le lion de Joseph Kessel est un magnifique livre sur l'Afrique, la savane et ses animaux. On se sent éblouis et charmés par la beauté des paysages décrits d'autant plus que le Kenya est un pays que j'aimerais vraiment visiter. L'Afrique, en règle générale, est un continent qui m'attire beaucoup, en dépit de ses dangers, car c'est une terre forte où la Nature semble plus puissante que les Hommes.

Le lion raconte l'histoire d'un écrivain voyageur qui séjourne dans le Parc Royal du Kenya, tenu par Monsieur Bullit. Atterri un peu par hasard, le narrateur est inévitablement attiré par ce décor qu'il doit pourtant quitter dès le lendemain. Mais sa rencontre avec Patricia, la fille de Bullit le fait changer d'avis. Surtout parce que Patricia a un lion. Oui, un lion rien qu'à elle, qu'elle a dressé, qu'elle a élevé. Le narrateur décide donc de rester dans cette savane afin d'en savoir plus sur cette histoire et sa fascination pour le grand Lion devient alors une obsession.

Pourtant c'est surtout une autre force qui le retient. Sybil, la mère de Patricia est une citadine et ne supporte plus cette vie. Elle veut envoyer sa fille en pension pour qu'elle arrête de vagabonder dans la savane . Elle a peur du lion.
Bullit est un ancien chasseur. Sa fille déteste ce passé. Bullit veut plaire à sa fille et ne pas faire souffrir à sa femme.
Patricia n'aime que son lion. Mais elle ne veut pas blesser sa mère. Elle admire énormément son père.
Le narrateur est spectateur et reste pour "connaître le dénouement" comme il le dit lui-même. Car en plus de cette situation familiale, les Massaïs intriguent aussi le narrateur. Surtout ce morane (jeune garçon en passe de devenir un homme) qui veut tuer le lion. Ahah, suspens.

Ce livre m'a beaucoup plu, mais il est vrai que les 100 premières pages sont un peu longues. Oui, il faut planter le décor, parler de la Savane, des animaux... Mais ensuite, le rythme s'accélère et comme le narrateur, on a attend le dénouement. Car il ne peut pas en être autrement. Joseph Kessel semble doué pour maintenir un climat de tension, même dans un roman que j'ai lu en Folio Junior. (Donc soi-disant écrit pour les enfants).

A ce propos: comment ce livre peut-il être édité par Gallimard Jeunesse? (Entre autre hein, il existe aussi en Folio). Je pense que ce roman peut être intéressant pour un enfant dans le mesure où il enseigne la notion importante de la responsabilité de nos actes. En effet, l'enfant s'identifiera à Patricia qui joue avec son lion mais qui aussi le domine et lui impose sa volonté, parfois même de façon dangereuse. Son lion est un tueur et peut tuer un homme. Si elle lui ordonne. Patricia a donc un droit de vie ou de mort sur les êtres vivants (hommes ou animaux). Donc, je pense que c'est pour cela que ce texte est intéressant pour un enfant car celui doit comprendre le jeu a une limite et que la situation peut nous échapper.

Mais je ne vous dis pas pourquoi car c'est la leçon à tirer de ce livre quand on l'a fini.

Laurane.

Et moi je pense à mon petit lion tricolore... Où es-tu?... Revenue, heureusement :) :) :)

jeudi 11 mars 2010

Le Petit Prince de Saint-Exupéry

Pendant un an, une personne qui m'est très chère m'a dessiné sur mes feuilles de cours, dans ses dédicaces, m'a fait des tableaux du Petit Prince. Or je n'avais jamais lu cette histoire bien que je connaissais relativement la trame principale.
Pendant un an entier, ma curiosité a été piquée jusqu'à ce que je décide d'inscrire dans ma liste de Challenge ABC à la lettre "S" le bien nommé Saint-Exupéry et son Petit Prince.
Un livre qui se lit le temps d'un court trajet de train mais après le monde ne vous apparait plus pareil. Tout commence par l'histoire du Boa qui a mangé l'éléphant, lorsque Saint-Exupéry n'était encore qu'un enfant de 6 ans, fasciné par un livre sur la vie de la jungle et surtout par le serpent Boa qui peut manger de tout!

Mais sa carrière de dessinateur comme il n'arrête pas de le répéter inlassablement durant tout le livre fut entravé par les grandes personnes qui ne voyaient qu'un vulgaire chapeau à la place d'un superbe Boa en train de digérer un éléphant. Ce passage est révélateur du caractère onirique et poétique de l'auteur. Ce dernier décida par la suite de montrer ses deux dessins (le deuxième étant la coupe du Boa digérant l'éléphant afin d'expliquer le dessin n°1 aux adultes) à des personnes qu'il rencontrait: dans l'hypothèse que la personne voyait qu'un vulgaire chapeau, Saint-Exupéry se "rabaissait" (sic) au niveau intellectuel de son interlocuteur en lui parlant de choses matérialistes telles que le golf, le bridge, etc. Panorama attristant de la société moderne matérialiste qui n'a plus de temps à consacrer à l'imagination et aux rêveries.
Jusqu'au jour où étant tombé en panne avec son avion en plein milieu du désert du Sahara, il fait la rencontre du Petit Prince. Ce personnage singulier qu'il prend au départ pour un simple garçon (mais même s'il avait s'agit d'un petit garçon comment aurait-t-il quant à lui atterri ici?). Ce petit garçon est en réalité le Petit Prince, prince d'une planète (l'astéroïde B612 si jamais des grandes personnes me lisent afin qu'elles comprennent comme le dirait l'auteur) de 3 petits volcans qu'il ramone tous les jours et d'une rose unique car c'est la sienne.
Incrédule puis finalement subjugué par le charisme et la mentalité du Petit Prince, il se laisse conter l'histoire de celui-ci. De son quotidien où chaque jour il doit arracher les mauvaises herbes que constituent les baobabs sur sa planète (car si jamais ils poussent trop, sa planète explosera sous le poids d'un arbre aussi grandiose) jusqu'au jour de son départ. Décision qu'il finit par regretter chaque jour un peu plus lors de son périple de planète en planète.
La première planète sur laquelle il se rend (comment? On l'ignore mais cela renforce le côté merveilleux et puéril de ce roman envoûtant) règne un Roi qui n'a aucun sujet (à part un rat mais il n'en est pas sûr). Cette première approche montre le côté ridicule des souverains qui veulent absolument tout diriger. Seulement le Petit Prince refuse de se laisser commander, c'est d'ailleurs pour cela que le Roi prend des décisions dites "raisonnables" du genre quand le Petit Prince dit qu'il va partir, au Roi de lui répondre: "Je t'ordonne de partir" par exemple.
Puis la prochaine planète abrite un vaniteux (dont la Terre en est peuplé à environ 2 milliards soit la totalité des personnes dans la moitié du XX) qui adore être admirer et ne pense qu'à lui et à ses louanges bien entendu imméritées... Sur la planète suivante réside un ivrogne qui boit pour oublier sa honte à boire, le mythe de Sisyphe en quelque sorte qui répète mécaniquement son supplice sans plus en connaitre la raison. La vue de l'ivrogne attriste un peu le Petit Prince qui ne voit pour le moment que des aspects négatifs des autres hommes.

Puis il découvre un allumeur de réverbères, le seul individu dont la tâche lui paraît noble et utile car il s'occupe. Malencontreusement l'activité de ce dernier est devenue idiote avec le temps car son travail consiste à allumer et éteindre son unique réverbère toutes les minutes car sa planète s'est petit à petit rapproché du Soleil et donc les journées ne durent plus qu'une minute. Le Petit Prince est d'abord ravi d'une telle planète car il adore les couchers de Soleil, et donc au lieu de voir plus 43 couchers de Soleil comme sur son astéroïde (il se déplace en même temps que la progression de l'étoile solaire) il pourrait en voir à satiété. Cependant le travailleur est fatigué par son métier qui l'empêche de se reposer, le Petit Prince lui propose alors le même procédé dont il use pour observer ses couchers de soleil, c'est-à-dire tourner autour de la planète en même temps que le Soleil progresse. Mais cette ruse ne permettra jamais à l'allumeur de réverbère de dormir...
L'avant dernière planète a pour résident (j'ai oublié de préciser mais cela me paraissait évident comme cela l'était pour le Petit Prince à l'égard de Saint-Exupéry, les planètes citées précédemment sont si petites qu'une seule personne peut y habiter) un géographe. Chose amusante car comme l'avait dit l'auteur, la géographie est une des sciences les plus sérieuses (intemporelle normalement) qui lui a beaucoup servi lorsqu'il s'agissait de son avion distinguer l'Amérique de la Chine. Mais le géographe ne fait que reporter les données des explorateurs et il a besoin de preuves. Le Petit Prince après lui avoir décrit son astéroïde lui demande quelle planète il pourrait désormais aller explorer. Sans hésitation le géographe lui répond: la Terre.
Son voyage aboutit alors avec son arrivée sur la Terre qu'il croit comble de malchance dépeuplée et déserte car il a atterri en plein milieu du désert du Sahara. Puis il découvre que les hommes sont des milliers, même des milliards. Que sa rose n'est pas unique mais qu'il y en a aussi des milliards. Ce constat lui fait de la peine car sa fleur qui se vantait de sa rareté ne l'est plus. Et lui qui est-il? Un grain de poussière au milieu du Sahara comme il l'est au milieu de la foule.
Fort heureusement la rencontre du Renard lui permet de comprendre le véritable sens de l'unicité de l'être vivant. Il lui demande de l'apprivoiser puisqu'ainsi il ne sera plus un renard parmi tant d'autres de ses semblables car il sera "apprivoisé" c'est-à-dire qu'il aura "créé des liens". Mais celui-ci est triste quand le moment de la séparation arrive. Mais cette tristesse est belle et noble. C'est ce qui fait différence avec tous les autres êtres vivants: la création de lien qui nous rendent tristes quand on est loin de la personne chère.
Mais dans le désert, l'un des principaux inconvénients et dangers est surtout la carence d'eau. Le Petit Prince guide donc notre aviateur assoiffé qui n'a toujours pas réussi à réparer son avion en outre jusqu'à un puits mais pas un puits comme tous les autres dans le désert. Saint-Exupéry puise donc l'eau, la musique de la poulie qui grince avec la remontée du seau. Le Petit Prince prie l'aviateur de le faire boire le premier, cette eau lui parait alors si délicieuse! Mais ce qui la rend si bonne pour le Petit Prince et l'aviateur le comprend c'est le geste spontané qu'il a eu pour lui tendre malgré sa soif le seau d'eau!

Je ne raconterai pas la FIN de ce merveilleux livre poétique qui inculque les liens de l'amitié et de l'amour sous toutes ses formes inimaginables. Ce roman est une ode à l'amitié! "On ne voit l'essentiel qu'avec le coeur!" Comme ces mots sont si vrais!
Raconter la fin ne servirait à rien, au lecteur de comprendre ce qu'il veut de celle-ci mais surtout je voudrais vous inciter à le lire si ce n'est déjà fait ou alors dans le second cas à le relire car il est si beau! Une chose sûre c'est que SI vous ne levez pas les yeux au ciel pour chercher une étoile, c'est que ce livre ne vous a pas tant touché que ça ou alors que votre étoile vous l'avez déjà trouvé... Personnellement mon étoile et ma rose existent et je sais que c'est les choses les plus essentielles pour moi sur cette Terre. Et pour les rejoindre, je ferais sans hésiter comme le Petit Prince avec sa Rose.

Aymeric

jeudi 4 mars 2010

Bonjours tristesse et Les Merveilleux nuages.


Deux livres que je viens de lire de Françoise Sagan, évidemment à la suite de ma lecture de Sagan à toute allure. Ces deux romans ont été écrit par une jeune femme et pourtant, je les trouve d'une perversité extrême.

J'avais déjà lu Bonjours tristesse il y a deux ans mais à l'époque il ne m'était pas apparu de la même façon. Outre la description magnifique de la Côte d'Azur qui me touche énormément - villa blanche entourée de pins face à la mer = mon rêve - j'ai été cette fois ci charmée par l'esprit tordu de Cécile, l'héroïne de ce court roman (d'apprentissage?).

Cécile passe ses vacances avec son père et sa jeune maîtresse, Elsa, dans une villa près de St Tropez. Leur vie n'est que délices, paresse et mondanité. Cécile tombe peu à peu amoureuse d'un garçon, Cyril, qui presque dix ans de plus qu'elle. Mais ça ne semble pas du tout la déranger. Cécile est impulsive, vive et veut dévorer la vie. Malheureusement, leur vie facile va être bouleversée par l'arrivée d'Anne, amie de sa défunte mère à laquelle le père de Cécile va se lier... un peu trop au goût de Cécile. Pour se débarrasser de cette femme, Cécile est prête à tout.

Les Merveilleux nuages est un roman encore plus pervers qui relève (carrément) du harcèlement moral au sein d'un couple. Josée est une jeune Française mariée à un Américain terriblement séduisant et riche, Alan, qui s'est malheureusement révélé être un homme d'une jalousie maladive. Cette jalousie est au-dessous de tout ce qu'on peut imaginer. Mais le pire est qu'Alan prend plaisir à torturer son épouse jusqu'ici fidèle et amoureuse. C'est donc l'histoire d'un couple qui ne peut pas durer mais qui pourtant ne parvient pas à se séparer, étant tous les deux emportés dans cette spirale perverse du jeu de la jalousie, de la provocation, de la trahison...

Je pense que ce roman se lit avec beaucoup de plaisir et d'admiration liée à l'extrême perversité morale que Françoise Sagan décrit. C'est un sujet d'actualité, puisqu'on parle en ce moment d'une loi qui envisagerait de punir le harcèlement moral au sein des couples. Cette histoire en serait un bon exemple.

Ainsi Sagan a su une fois de plus me charmer. Je ne sais pas si c'est le hasard ou si tous ses romans relèvent de cette cruauté, mais je trouve qu'en lisant Bonjour tristesse et Les Merveilleux nuages j'ai trouvé les mêmes thèmes. De toute façon, l'écriture de Sagan fait souvent appel au même sentiments: la cruauté, la perversité, la tristesse, la solitude. Et cependant, on y sent beaucoup de grâce, de légèreté. La recette idéale de Sagan, en fait.

Laurane.

vendredi 19 février 2010

Belle de Jour.


J'ai découvert Belle de Jour grâce à ces jolis coffrets Folio Cinéma et j'ai tout de suite voulu le lire. D'autant plus qu'il figure parmi les 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie (oui, c'est une référence pour moi.)

C'est l'histoire d'un couple bourgeois, Séverine Serizy et son époux Pierre Serizy, qui s'entend à merveille sur tous les plans sauf sur le plan... sexuel. En effet, Séverine est une jeune personne délicate, pudique et disons-le un peu perturbée. Elle adore son mari mais n'arrive pourtant pas à ressentir le même plaisir que lui (c'est dit dans le livre, c'est pas moi).

Un jour, elle apprend qu'une de ses connaissances va dans les maisons de rendez-vous afin de s'y vendre. Cette nouvelle la choque profondément mais réveille en elle de drôles de sentiments... Un ami malavisé lui donne une adresse de maison qu'il fréquentait et Séverine décide s'y rendre. Après moult hésitations, elle finit par devenir Belle de Jour, la troisième demoiselle de la maison de Mme Anaïs.

Joseph Kessel fut accusé de pornographie avec ce roman. Pourtant, il n'en est rien. Rares sont les scènes où on évoque clairement une scène d'amour. La force de ce roman repose dans la finesse de la psychologie de Séverine décrite par Kessel. En effet, ce qui est important, c'est l'observation de ce dilemne qui la saisi: l'amour tendre et sincère qu'elle porte à son mari contre le pouvoir destructeur de la sexualité violente qui s'est emparé d'elle.

Oui, je sais. Ca fait envie comme ça hein?

Mais il n'y a pas que ça. A part les troubles intérieurs de la pauvre fille complètement paumé surgit une autre histoire, celle de Marcel qui devient un amant (un peu trop) régulier de Séverine. Le problème c'est que Marcel est un type louche.

Bon je ne vais pas raconter la suite sinon il n'y a plus d'histoire. Je vous dirais juste donc que la fin m'a relativement choqué. On reste sur une impression de malaise, mais après tout, ceci n'est que le reflet des sentiments de Séverine.

J'ai lu ce roman en un jour car le style et l'histoire sont prenants. J'ai aussi cru reconnaître du Colette dans Belle de Jour, ce qui n'a évidemment pas été pour me déplaire...

Laurane.