samedi 24 avril 2010

L'été meurtrier.

Ouh là là! Je viens juste de me rendre compte que le film avec Adjani est l'adaptation de ce livre. Je suis bête et je vais aller le regarder.

J'ai choisi ce livre un peu par hasard dans ma bibliothèque. Ma grand-mère me l'a donné il y a longtemps et je n'avais jamais eu l'intention de le lire. Et puis Célia, dans ma classe, a présenté un policier écrit par Japrisot en cours de Librairie et quand j'ai vu ce livre alors que j'étais à la recherche du coup de coeur, je l'ai choisi. Le coup de coeur, c'est lorsque je cherche un nouveau livre à lire et que mon regard erre sur les étagères avant de dire: "c'est lui et c'est tout".

Et je n'ai pas regretté mon choix. Ce livre se compose de six chapitres où le narrateur change à chaque fois, nous offrant à chaque fois un nouveau point de vue à l'histoire. Ces chapitres sont intitulés: "le bourreau" (Pinpon), "la victime" (Elle), "le témoin" (la tante de Pinpon), "l'acte d'accusation" (la mère de Elle), "la sentence" (Elle) et "l'exécution" (Pinpon). La structure du livre montre donc qu'on a affaire à un procès dont je ne peux pas vous révéler l'enjeu car sinon il n'y a plus de suspense.

Juste le début... Pinpon alias Florimond est un homme de trente ans, vivant dans un village dans le Sud. Il a deux frères: Mickey alias Michel et Bou-bou dont on ne connaît pas le prénom. Sa mère est veuve et ils vivent aussi avec Cognata, la tante sourde des garçons. Dans ce village, la tranquillité est bouleversée par l'arrivée de Elle alias Eliane dont la beauté fait des ravages. Elle est une jeune femme de vingt ans très tourmentée par un passé qui est pour l'instant tenu secret. Pinpon tombe follement amoureux d'elle mais Elle est-elle réellement sensible à son charme ou ses intentions sont-elles moins romantiques qu'on ne le croit?

Un livre de 433 pages que j'ai eu bien du mal à lâcher. La fin tragique me fait penser à celle de Belle de jour. Certains auteurs semblent prendre beaucoup de plaisir à créer des fins violentes autant physiquement pour leurs pauvres personnages que psychologiquement pour nous, pauvres lecteurs.

A lire si on cherche un roman captivant et policier sur les bords.

Laurane.

Le parfum.

J'ai reçu ce livre il y a bien longtemps, en 2006. A l'époque, le film était sorti et je l'avais vu. En dépit de mon intérêt, j'ai laissé tomber la lecture et je ne sais pas trop pourquoi. En effet, Le parfum est une histoire de nez et l'odorat est un des sens que j'affectionne le plus. Je suis allée à Grasse, j'ai visité la parfumerie Fragonard et j'ai adoré ! Je voulais faire nez en réalité mais les études de chimie m'ont légèrement fait reculer et puis, je voulais être nez pour la parfumerie. Pas nez pour les produits vaisselle. Dommage.

Bref, j'ai fini par lire le livre et j'ai adoré. L'histoire nous emporte facilement et malgré le fait que Süskind soit allemand, il décrit vraiment bien la France du XVIIIème siècle, ce qui est un élément très positif de ce livre. Après, j'aime beaucoup le caractère profondément psychopathe de M. Jean-Baptiste Grenouille qui se sait infiniment supérieur à tous les autres êtres humains. En effet, il a le nez absolu si on peut dire et peut créer les parfums les plus délicats qui soient. Mais ses ambitions sont supérieures car il veut posséder le plus beau parfum qui existe: celui d'une jeune fille rousse et vierge. Grenouille commence par recréer l'odeur humaine avant de s'attaquer à ce projet qui le mènera peu à peu vers la violence et le meurtre. Eh oui, l'odeur des jeunes filles ne peut leur être arrachée autrement car il faut que Grenouille ait tout: l'odeur de la peau, celle des cheveux, celle des habits. Ce qui est intéressant c'est que Grenouille se fiche de la beauté de ces filles qu'il tue. Il est uniquement fasciné par les odeurs et veut créer le plus beau parfum du monde pour que le monde l'aime.

Sans révéler la fin -différente du film-, sachez juste qu'elle est le sommet de la folie et de la violence de Grenouille qui n'aura pas su aimer les hommes, en dépit de la création de SON parfum. Pauvre, pauvre Grenouille.

Laurane.

mercredi 31 mars 2010

Demain dans la bataille pense à moi


Il s'agit d'un livre que j'ai choisi pour l'espagnol en farfouillant de longues heures au Grand Cercle et à la Fnac. Cette histoire m'a tout de suite attirée. Il faut dire qu'elle n'est pas banale: Victor, le narrateur, est au lit avec Marta, une femme mariée. Ils sont en train de se déshabiller quand Marta commence à se sentir mal. De plus en plus mal... jusqu'à mourir ! Victor est dépassé par les événements, ne sait pas quoi faire. Il y a en plus le petit Eugenio qui dort à côté, que faire? Le laisser ? L'emmener ? Victor s'en va en laissant une assiette de nourriture et la télé allumée et attend de savoir si quelqu'un découvre la mort de Marta.

Tout au long de ce livre, le narrateur nous fait part de ses sentiments sur de nombreux sujets. La mort est un sujet récurrent et qui est abordé par tous les personnages. Mais Victor nous parle aussi de sa vie, de son ex-femme, de films aussi. Cela donne lieu à d'assez longs monologues pas toujours passionnants. Le rythme est donc alterné car il y a aussi des phases où le suspense est intenable et où on ne peut pas s'arrêter de lire. Cela donne plus de profondeur à l'histoire et cela évite de tomber dans le pathétique-voyeurisme-histoires-de-fesses.

Les personnages sont riches et offrent leur vision du monde lorsqu'ils rencontrent Victor . Bien sûr, la mort de Marta reste le sujet principal mais finalement ce n'est qu'une toile de fond.

Le passage le plus intéressant est certainement le dernier dialogue du livre, c'est-à-dire la confrontation entre Victor et Dean, l'époux trompé. L'auteur fait un parallélisme entre le récit de Dean et ce qu'avait imaginé Victor au début du livre à propos de cette rencontre et à propos de ce que faisait Dean ce soir-là. Ce passage permet à Victor de concrétiser ses fantasmes car finalement cette histoire est fantasmée: Victor s'imagine des choses tout au long du roman et ici on passe à la réalité.

Il est rare pour moi de trouver un bon livre écrit par un espagnol. Comme Aymeric me le disait, le style est difficile. Il est vrai qu'à la lecture parfois les phrases nous paraissent trop longues, trop compliquées. Mais cela reste un bon livre captivant et enrichissant.

Laurane.

Le Chevalier des Touches de Barbey d'Aurevilly

"C'est même plus beau! dit le baron. Leur petit carré n'a pas été enfoncé, à eux, à ces Onze! Et ce sont eux au contraire qui ont enfoncé le grand carré des paysans, qui les tenaient de tête, de queue et des deux flancs [...] Le Diable m'emporte c'est plus beau!"

Anatole France a mille fois raisons de dire du bien de ce livre. Le Chevalier des Touches, roman de Barbey d'Aurevilly ressuscitent les fantômes du passé de la Chouannerie, épisode sanglant de l'après 1789. La chouannerie, faut-il vous rappeler ce que c'est?

La chouannerie comme le définit l'Encyclopedia Universalis désigne "une série d'insurrections et de mouvements contre-révolutionnaires qui affectent l'ouest de la France. L'origine de ces chouanneries – on peut en parler au pluriel – est le mécontentement des ruraux devant les mesures politiques et religieuses de la Révolution française prises après 1791. Des communautés rurales refusent, dès 1791-1792, la création de l'Église constitutionnelle et la vente des biens de l'Église, et se montrent jalouses de leur indépendance vis-à-vis des administrateurs des districts et des départements. Ce mouvement débouche en Bretagne sur de véritables insurrections locales, dans le Finistère, dans le Morbihan, en Loire-Inférieure, entraînant parfois morts d'hommes."

Le "parfois" usité par l'encyclopédie m'apparaît à la limite de l'insulte ici car lorsqu'on lit le Chevalier des Touches, on comprend qu'il s'agit d'un vilain euphémisme. En effet, dans ce roman de capes et d'épées, les embuscades, les ruses, les assauts, les prouesses héroïques des Nobles chouans constituent toute la trame romanesque de ce livre.

Pour vous donner un aperçu des péripéties de ce livre, sachez que l'histoire se passe au début du XIXe siècle, donc à la fin de la chouannerie et sous l'Empire. L'histoire en elle-même se déroule dans la petite ville de Valognes, auprès d'un feu qui rassemble deux vieilles filles nobles: les Touffedelys, Mademoiselle Percy et enfin en ce qui concerne la gente féminine Aimée de Spens qui fut "Longtemps l'Astre du jour" mais qui demeur toujours "l'astre des nuits", et deux vieux gentilshommes: le Baron de Fierdrap et l'Abbé Percy. La rencontre par l'Abbé de Percy avec le Chevalier des Touches que tout le monde croyait jusqu'ici mort pousse une des deux soeurs Touffedelys à raconter la vie singulière de ce héros de la Chouannerie.

L'histoire de Mlle De Touffedelys, qui avait pris une grande part aux actions de la guerre, raconte comment Douze Nobles avaient enlevés des Républicains ceux que tous appelaient pour sa beauté la "Belle Hélène". Mais le Chevalier des Touches était aussi courageux, brave, téméraire, fort et malin qu'il n'était beau! Ne parler de sa beauté ne serait qu'une insulte à cette grande personne.

Ce livre m'a fortement impressionné d'autant plus que j'apprécie les romans historiques de l'Ancien Régime jusqu'à la fin du XIXe siècle. J'irais même bien jusqu'à plagier Anatole France en lui reprenant sa formule pour décrire son impression vis-à-vis de ce roman "Ce livre me donna le frisson". Par conséquent, je vais seulement me permettre de recommander fortement ce livre à tous les férus de romans de cape et d'épée en espérant que la vive bouffée d'adrénaline que j'ai ressenti parcourt leur échine à leur tour.
Aymeric

lundi 22 mars 2010

Trois femmes puissantes



Comment aborder ce livre? Je devais le lire pour l'IUT et tout le monde disait "que c'était nul, que j'allais me faire ch***". Difficile alors d'appréhender avec joie ce prix Goncourt que je voulais pourtant lire depuis sa sortie à la fin du mois d'août.

Alors je l'ai commencé en me disant que c'était "relou" que bon, je le lisais car il le fallait. Et pourtant Marie N'Diaye a quand même un style -comment dire?- élégant, littéraire... Un style qui m'a attirée immédiatement. De plus, le premier chapitre est assez captivant. J'ai donc réussi à me plonger avec plaisir dans ce livre. Cela s'est gâté au deuxième chapitre où la lecture devient plus laborieuse mais en m'accrochant (sans faire trop d'efforts néanmoins) j'ai beaucoup aimé (aussi) cette histoire, et la troisième, et l'ensemble... Donc, oui, j'aime Trois femmes puissantes.

Mais de quoi parle ce livre composé de trois chapitres qui semblent n'avoir rien à avoir les uns avec les autres ? Il est difficile de faire un résumé et d'expliquer en quoi ces femmes sont puissantes. A vrai dire il s'agit un peu de la question que j'avais à faire aujourd'hui en Littérature.

Tout d'abord, il s'agit de Norah, qui rend visite à son père à Dakar. Celui-ci veut qu'elle sorte son frère Sony de prison -frère que son père a emmené avec lui en Afrique alors qu'il n'avait que trois ans. Mais l'histoire de Sony s'avère assez horrible et Norah ne sait pas comment réagir face à son père, avec lequel les relations sont difficiles. Ensuite, on a Fanta et Rudy, qui vont aller vivre en France en abandonnant leur statut de professeurs de Littérature à cause de la violence de Rudy à l'encontre d'un de ses élèves. Rudy est devenu jaloux et ne supporte pas sa vie. On a donc dans ce chapitre son monologue intérieur rempli de rage, de désespoir. Enfin, la dernière histoire nous parle de Khady Demba, jeune veuve envoyée en France par sa belle-famille. Mais le trajet pour rejoindre notre pays n'est pas aisé et il se peut même qu'elle ne l'atteigne jamais...

Khady est la cousine de Fanta. Elle a aussi gardé les enfants du père de Norah. Il y a aussi Dakar et Dara Salam comme toile de fond. Voilà pour les repères. Car sinon ces histoires paraissent éloignées. Mais le point commun, c'est le courage de ces femmes Africaines qui doivent lutter contre leur destin, contre les obstacles qui semblent les accabler. Norah lutte contre son père, Fanta lutte contre son mari qui a détruit sa vie en l'amenant en France et Khady qui lutte contre son destin en tentant de fuir une situation trop précaire. Et elles réussissent, elles triomphent. C'est en cela qu'elles sont Puissantes.

Laurane.

vendredi 12 mars 2010

Le lion

Le lion de Joseph Kessel est un magnifique livre sur l'Afrique, la savane et ses animaux. On se sent éblouis et charmés par la beauté des paysages décrits d'autant plus que le Kenya est un pays que j'aimerais vraiment visiter. L'Afrique, en règle générale, est un continent qui m'attire beaucoup, en dépit de ses dangers, car c'est une terre forte où la Nature semble plus puissante que les Hommes.

Le lion raconte l'histoire d'un écrivain voyageur qui séjourne dans le Parc Royal du Kenya, tenu par Monsieur Bullit. Atterri un peu par hasard, le narrateur est inévitablement attiré par ce décor qu'il doit pourtant quitter dès le lendemain. Mais sa rencontre avec Patricia, la fille de Bullit le fait changer d'avis. Surtout parce que Patricia a un lion. Oui, un lion rien qu'à elle, qu'elle a dressé, qu'elle a élevé. Le narrateur décide donc de rester dans cette savane afin d'en savoir plus sur cette histoire et sa fascination pour le grand Lion devient alors une obsession.

Pourtant c'est surtout une autre force qui le retient. Sybil, la mère de Patricia est une citadine et ne supporte plus cette vie. Elle veut envoyer sa fille en pension pour qu'elle arrête de vagabonder dans la savane . Elle a peur du lion.
Bullit est un ancien chasseur. Sa fille déteste ce passé. Bullit veut plaire à sa fille et ne pas faire souffrir à sa femme.
Patricia n'aime que son lion. Mais elle ne veut pas blesser sa mère. Elle admire énormément son père.
Le narrateur est spectateur et reste pour "connaître le dénouement" comme il le dit lui-même. Car en plus de cette situation familiale, les Massaïs intriguent aussi le narrateur. Surtout ce morane (jeune garçon en passe de devenir un homme) qui veut tuer le lion. Ahah, suspens.

Ce livre m'a beaucoup plu, mais il est vrai que les 100 premières pages sont un peu longues. Oui, il faut planter le décor, parler de la Savane, des animaux... Mais ensuite, le rythme s'accélère et comme le narrateur, on a attend le dénouement. Car il ne peut pas en être autrement. Joseph Kessel semble doué pour maintenir un climat de tension, même dans un roman que j'ai lu en Folio Junior. (Donc soi-disant écrit pour les enfants).

A ce propos: comment ce livre peut-il être édité par Gallimard Jeunesse? (Entre autre hein, il existe aussi en Folio). Je pense que ce roman peut être intéressant pour un enfant dans le mesure où il enseigne la notion importante de la responsabilité de nos actes. En effet, l'enfant s'identifiera à Patricia qui joue avec son lion mais qui aussi le domine et lui impose sa volonté, parfois même de façon dangereuse. Son lion est un tueur et peut tuer un homme. Si elle lui ordonne. Patricia a donc un droit de vie ou de mort sur les êtres vivants (hommes ou animaux). Donc, je pense que c'est pour cela que ce texte est intéressant pour un enfant car celui doit comprendre le jeu a une limite et que la situation peut nous échapper.

Mais je ne vous dis pas pourquoi car c'est la leçon à tirer de ce livre quand on l'a fini.

Laurane.

Et moi je pense à mon petit lion tricolore... Où es-tu?... Revenue, heureusement :) :) :)

Le Silence Blanc et autres nouvelles de Jack London

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis un passionné des récits d'aventure et fantastiques! N'ayant jamais lu de livres de Jack London, je voulais commencer par La Route que j'ai toujours l'intention de lire d'ailleurs. Puis le hasard voulut que je découvre ces nouvelles. Dans le train, il est parfois plus agréable de lire de courts récits que l'on peut finir en un trajet sans en perdre l'élan qui nous tient en haleine.
Ces nouvelles furent un moment de grande évasion dans le Grand Nord de l'Amérique au temps de la Ruée vers l'Or dans le Yukon. Pour les personnes qui connaissent peu cette histoire de l'Amérique, je vous conseille fortement (à moins que vous n'aimiez pas les bandes dessinées) de lire La jeunesse de Picsou Tome 1 et Tome 2 relatifs à sa jeunesse de prospecteur, dessiné avec brio par Don Rosa qui a un don incontestable pour raconter en mêlant les côtés aventurier et tragicomique des péripéties de Picsou à travers le monde.
Mais je m'écarte de mon sujet initial qui concernait les Nouvelles de Jack London. Comme tout livre, lire la préface peut parfois s'avérer très utile pour mieux comprendre l'esprit et ce qu'a voulu exprimer l'auteur. J'avoue que la biographie de Jack London, self made-man, m'a plutôt impressionné. Un homme comme j'aurais voulu être mais je sais bien que je ne lui arriverais pas à la cheville.
Jack London dans ce recueil a voulu dépeindre la vie dans le Grand Nord au moment de la Ruée vers l'Or, une période trouble où les villes s'éteignaient aussi vite que les filons se tarissaient. Un monde bien éphémère. Mais derrière les villes, la nature est toujours: belle à en mourir.
Le Silence Blanc raconte l'histoire de deux hommes blancs et d'une indigène marié à l'un d'eux qui va malheureusement mourir au cours d'une expédition à travers la plaine enneigé où le silence blanc règne et assourdit les hommes. Une histoire qui raconte l'esprit de camaraderie dans des conditions extrêmes. Des scènes d'horreur qui sont transcrites par l'emploi de métaphore des chiens de traineau morts de faim qui en viennent à attaquer leurs maîtres et à s'entredévorer...
Il y a aussi l'histoire de Nam-Bok le Menteur, cet indien qui après avoir été emporté dans sa bidarka au large fut recueilli par les Blancs et découvrit leur civilisation. Un jour il décida de revenir parmi les siens qui ne virent durant la période de la colonisation pas plus de deux hommes blancs en deux siècles. Les récits que Nam-Bok rapporte aux siens complètement abrutis et sauvages le font passer pour un menteur. Finalement ils le considèrent comme bien mort et lui demande de repartir au pays des ombres. Ce qui m'a le plus marqué fut la remarque de la vieille mère du protagoniste lorsque celui-ci la supplie de venir avec lui. Sa mère lui répond alors qu'elle préfère attendre encore un peu avant de mourir et de rejoindre le royaume des ombres d'où vient son fils.
Cette nouvelle symbolise l'incapacité de certaines tribus indigènes à comprendre et accepter la civilisation moderne. Cette civilisation si incroyable mais si inhumaine qu'elle semble inimaginable.
L'autre récit m'ayant touché fut La Ligue des Vieillards, de vieux indiens qui décident de traiter les hommes blancs comme leurs chiens batards: en les tuant. Pour mieux comprendre la métaphore, voici l'histoire des chiens: un homme blanc et son grand chien (un danois je suppose à cause de la description des poils ras) au bord de la mort sont recueillis par les Poissons Blancs (la tribu indienne). Une fois soigné, le chien qui souffrait du froid tue trois uskis et fait des batards avec toutes les chiennes incapables de supporter le froid. Les indiens décident alors de tuer les batards et d'envoyer leurs chiens s'accoupler avec les loups pour leur redonner leur vigueur d'antan. En ce qui concerne les blancs, les voyant tuer les leurs, s'approprier leurs terres, leurs femmes et leurs vivres: les vieux décident de les tuer.
A la fin, il ne reste plus qu'un vieillard las de tuer et qui veut se faire juger par les blancs. L'ironie du sort veut que ce soit son neveu qui traduise ses paroles: image de la civilisation moderne qui s'est approprié tous les jeunes indiens. Les Blancs trop nombreux ont vaincu et leurs coutumes aussi. Triste conclusion.
Mais au bout du compte, la nouvelle la plus choquante par sa chute reste pour moi Le jugement de Porportuk. Porportuk est un riche magnat que l'on peut comparer à un bourgeois du XVIII tandis que Klee Nah est l'équivalent de nos aristocrates. Comme le veut la tradition, ce sont les bourgeois les riches et les autres les dépensiers des plaisirs et loisirs. Klee Nah a une fille qui a suivi un enseignement religieux et à ses 16 ans à la mort de son frère, elle est rappelé auprès de son père et accepte de rester à ses côtés malgré le brillant avenir aux USA qui lui était proposé.
Mais la mort de Klee Nah approchant, il est temps de payer les dettes dont il est incapable. Porportuk son créancier refuse de se faire rembourser dans "l'autre monde", il refuse les anciennes croyances et est devenu un pur matérialiste. Il veut se faire rembourser en épousant la jeune El-Soo, la fille du Chef. Sauvé par la ruse et par son amant Akoon, il s'enfuit des griffes de Porportuk qui arrivera comble de malheur à les rattraper.
La chute de cette histoire est plutot incroyable et je me refuse à la révéler ici car sa soudaineté et sa surprise sont réellement inimaginables.

Je conseille ce livre pour tous les passionnés des récits d'aventure et même comme une réflexion sur la société moderne. Une société matérialiste qui écrasa les traditions et coutumes des indigènes du Grand Nord. Un peuple d'indigènes forcés à s'adapter aux moeurs blanches ou à périr.

Aymeric