jeudi 11 mars 2010

Le Petit Prince de Saint-Exupéry

Pendant un an, une personne qui m'est très chère m'a dessiné sur mes feuilles de cours, dans ses dédicaces, m'a fait des tableaux du Petit Prince. Or je n'avais jamais lu cette histoire bien que je connaissais relativement la trame principale.
Pendant un an entier, ma curiosité a été piquée jusqu'à ce que je décide d'inscrire dans ma liste de Challenge ABC à la lettre "S" le bien nommé Saint-Exupéry et son Petit Prince.
Un livre qui se lit le temps d'un court trajet de train mais après le monde ne vous apparait plus pareil. Tout commence par l'histoire du Boa qui a mangé l'éléphant, lorsque Saint-Exupéry n'était encore qu'un enfant de 6 ans, fasciné par un livre sur la vie de la jungle et surtout par le serpent Boa qui peut manger de tout!

Mais sa carrière de dessinateur comme il n'arrête pas de le répéter inlassablement durant tout le livre fut entravé par les grandes personnes qui ne voyaient qu'un vulgaire chapeau à la place d'un superbe Boa en train de digérer un éléphant. Ce passage est révélateur du caractère onirique et poétique de l'auteur. Ce dernier décida par la suite de montrer ses deux dessins (le deuxième étant la coupe du Boa digérant l'éléphant afin d'expliquer le dessin n°1 aux adultes) à des personnes qu'il rencontrait: dans l'hypothèse que la personne voyait qu'un vulgaire chapeau, Saint-Exupéry se "rabaissait" (sic) au niveau intellectuel de son interlocuteur en lui parlant de choses matérialistes telles que le golf, le bridge, etc. Panorama attristant de la société moderne matérialiste qui n'a plus de temps à consacrer à l'imagination et aux rêveries.
Jusqu'au jour où étant tombé en panne avec son avion en plein milieu du désert du Sahara, il fait la rencontre du Petit Prince. Ce personnage singulier qu'il prend au départ pour un simple garçon (mais même s'il avait s'agit d'un petit garçon comment aurait-t-il quant à lui atterri ici?). Ce petit garçon est en réalité le Petit Prince, prince d'une planète (l'astéroïde B612 si jamais des grandes personnes me lisent afin qu'elles comprennent comme le dirait l'auteur) de 3 petits volcans qu'il ramone tous les jours et d'une rose unique car c'est la sienne.
Incrédule puis finalement subjugué par le charisme et la mentalité du Petit Prince, il se laisse conter l'histoire de celui-ci. De son quotidien où chaque jour il doit arracher les mauvaises herbes que constituent les baobabs sur sa planète (car si jamais ils poussent trop, sa planète explosera sous le poids d'un arbre aussi grandiose) jusqu'au jour de son départ. Décision qu'il finit par regretter chaque jour un peu plus lors de son périple de planète en planète.
La première planète sur laquelle il se rend (comment? On l'ignore mais cela renforce le côté merveilleux et puéril de ce roman envoûtant) règne un Roi qui n'a aucun sujet (à part un rat mais il n'en est pas sûr). Cette première approche montre le côté ridicule des souverains qui veulent absolument tout diriger. Seulement le Petit Prince refuse de se laisser commander, c'est d'ailleurs pour cela que le Roi prend des décisions dites "raisonnables" du genre quand le Petit Prince dit qu'il va partir, au Roi de lui répondre: "Je t'ordonne de partir" par exemple.
Puis la prochaine planète abrite un vaniteux (dont la Terre en est peuplé à environ 2 milliards soit la totalité des personnes dans la moitié du XX) qui adore être admirer et ne pense qu'à lui et à ses louanges bien entendu imméritées... Sur la planète suivante réside un ivrogne qui boit pour oublier sa honte à boire, le mythe de Sisyphe en quelque sorte qui répète mécaniquement son supplice sans plus en connaitre la raison. La vue de l'ivrogne attriste un peu le Petit Prince qui ne voit pour le moment que des aspects négatifs des autres hommes.

Puis il découvre un allumeur de réverbères, le seul individu dont la tâche lui paraît noble et utile car il s'occupe. Malencontreusement l'activité de ce dernier est devenue idiote avec le temps car son travail consiste à allumer et éteindre son unique réverbère toutes les minutes car sa planète s'est petit à petit rapproché du Soleil et donc les journées ne durent plus qu'une minute. Le Petit Prince est d'abord ravi d'une telle planète car il adore les couchers de Soleil, et donc au lieu de voir plus 43 couchers de Soleil comme sur son astéroïde (il se déplace en même temps que la progression de l'étoile solaire) il pourrait en voir à satiété. Cependant le travailleur est fatigué par son métier qui l'empêche de se reposer, le Petit Prince lui propose alors le même procédé dont il use pour observer ses couchers de soleil, c'est-à-dire tourner autour de la planète en même temps que le Soleil progresse. Mais cette ruse ne permettra jamais à l'allumeur de réverbère de dormir...
L'avant dernière planète a pour résident (j'ai oublié de préciser mais cela me paraissait évident comme cela l'était pour le Petit Prince à l'égard de Saint-Exupéry, les planètes citées précédemment sont si petites qu'une seule personne peut y habiter) un géographe. Chose amusante car comme l'avait dit l'auteur, la géographie est une des sciences les plus sérieuses (intemporelle normalement) qui lui a beaucoup servi lorsqu'il s'agissait de son avion distinguer l'Amérique de la Chine. Mais le géographe ne fait que reporter les données des explorateurs et il a besoin de preuves. Le Petit Prince après lui avoir décrit son astéroïde lui demande quelle planète il pourrait désormais aller explorer. Sans hésitation le géographe lui répond: la Terre.
Son voyage aboutit alors avec son arrivée sur la Terre qu'il croit comble de malchance dépeuplée et déserte car il a atterri en plein milieu du désert du Sahara. Puis il découvre que les hommes sont des milliers, même des milliards. Que sa rose n'est pas unique mais qu'il y en a aussi des milliards. Ce constat lui fait de la peine car sa fleur qui se vantait de sa rareté ne l'est plus. Et lui qui est-il? Un grain de poussière au milieu du Sahara comme il l'est au milieu de la foule.
Fort heureusement la rencontre du Renard lui permet de comprendre le véritable sens de l'unicité de l'être vivant. Il lui demande de l'apprivoiser puisqu'ainsi il ne sera plus un renard parmi tant d'autres de ses semblables car il sera "apprivoisé" c'est-à-dire qu'il aura "créé des liens". Mais celui-ci est triste quand le moment de la séparation arrive. Mais cette tristesse est belle et noble. C'est ce qui fait différence avec tous les autres êtres vivants: la création de lien qui nous rendent tristes quand on est loin de la personne chère.
Mais dans le désert, l'un des principaux inconvénients et dangers est surtout la carence d'eau. Le Petit Prince guide donc notre aviateur assoiffé qui n'a toujours pas réussi à réparer son avion en outre jusqu'à un puits mais pas un puits comme tous les autres dans le désert. Saint-Exupéry puise donc l'eau, la musique de la poulie qui grince avec la remontée du seau. Le Petit Prince prie l'aviateur de le faire boire le premier, cette eau lui parait alors si délicieuse! Mais ce qui la rend si bonne pour le Petit Prince et l'aviateur le comprend c'est le geste spontané qu'il a eu pour lui tendre malgré sa soif le seau d'eau!

Je ne raconterai pas la FIN de ce merveilleux livre poétique qui inculque les liens de l'amitié et de l'amour sous toutes ses formes inimaginables. Ce roman est une ode à l'amitié! "On ne voit l'essentiel qu'avec le coeur!" Comme ces mots sont si vrais!
Raconter la fin ne servirait à rien, au lecteur de comprendre ce qu'il veut de celle-ci mais surtout je voudrais vous inciter à le lire si ce n'est déjà fait ou alors dans le second cas à le relire car il est si beau! Une chose sûre c'est que SI vous ne levez pas les yeux au ciel pour chercher une étoile, c'est que ce livre ne vous a pas tant touché que ça ou alors que votre étoile vous l'avez déjà trouvé... Personnellement mon étoile et ma rose existent et je sais que c'est les choses les plus essentielles pour moi sur cette Terre. Et pour les rejoindre, je ferais sans hésiter comme le Petit Prince avec sa Rose.

Aymeric

jeudi 4 mars 2010

Bonjours tristesse et Les Merveilleux nuages.


Deux livres que je viens de lire de Françoise Sagan, évidemment à la suite de ma lecture de Sagan à toute allure. Ces deux romans ont été écrit par une jeune femme et pourtant, je les trouve d'une perversité extrême.

J'avais déjà lu Bonjours tristesse il y a deux ans mais à l'époque il ne m'était pas apparu de la même façon. Outre la description magnifique de la Côte d'Azur qui me touche énormément - villa blanche entourée de pins face à la mer = mon rêve - j'ai été cette fois ci charmée par l'esprit tordu de Cécile, l'héroïne de ce court roman (d'apprentissage?).

Cécile passe ses vacances avec son père et sa jeune maîtresse, Elsa, dans une villa près de St Tropez. Leur vie n'est que délices, paresse et mondanité. Cécile tombe peu à peu amoureuse d'un garçon, Cyril, qui presque dix ans de plus qu'elle. Mais ça ne semble pas du tout la déranger. Cécile est impulsive, vive et veut dévorer la vie. Malheureusement, leur vie facile va être bouleversée par l'arrivée d'Anne, amie de sa défunte mère à laquelle le père de Cécile va se lier... un peu trop au goût de Cécile. Pour se débarrasser de cette femme, Cécile est prête à tout.

Les Merveilleux nuages est un roman encore plus pervers qui relève (carrément) du harcèlement moral au sein d'un couple. Josée est une jeune Française mariée à un Américain terriblement séduisant et riche, Alan, qui s'est malheureusement révélé être un homme d'une jalousie maladive. Cette jalousie est au-dessous de tout ce qu'on peut imaginer. Mais le pire est qu'Alan prend plaisir à torturer son épouse jusqu'ici fidèle et amoureuse. C'est donc l'histoire d'un couple qui ne peut pas durer mais qui pourtant ne parvient pas à se séparer, étant tous les deux emportés dans cette spirale perverse du jeu de la jalousie, de la provocation, de la trahison...

Je pense que ce roman se lit avec beaucoup de plaisir et d'admiration liée à l'extrême perversité morale que Françoise Sagan décrit. C'est un sujet d'actualité, puisqu'on parle en ce moment d'une loi qui envisagerait de punir le harcèlement moral au sein des couples. Cette histoire en serait un bon exemple.

Ainsi Sagan a su une fois de plus me charmer. Je ne sais pas si c'est le hasard ou si tous ses romans relèvent de cette cruauté, mais je trouve qu'en lisant Bonjour tristesse et Les Merveilleux nuages j'ai trouvé les mêmes thèmes. De toute façon, l'écriture de Sagan fait souvent appel au même sentiments: la cruauté, la perversité, la tristesse, la solitude. Et cependant, on y sent beaucoup de grâce, de légèreté. La recette idéale de Sagan, en fait.

Laurane.

lundi 1 mars 2010

Sagan à toute allure.


C'est avec une joie réelle que j'ai lu ce livre, même avec délice. J'ai passé une bonne semaine en sa compagnie (mais pas que grâce à lui).

Il s'agit donc d'une biographie de Françoise Sagan, le charmant petit monstre dixit Mauriac qui m'a déjà depuis longtemps charmée. Je l'ai connue au hasard de la bibliothèque familiale avec Un certain sourire que j'ai lu deux fois avant de lire le célèbre Bonjours tristesse, que -comme vous pouvez le remarquer- je suis en train de relire.

Il faut dire que cette biographie m'a donné envie de lire tous les romans de Sagan. Ce que je vais sans doute faire, surtout depuis que j'ai acheté cette merveille. Marie-Dominique Lelièvre a mis beaucoup d'elle-même dans cette biographie. Elle les a tous rencontré: Florence Malraux, Bernard Frank, les secrétaires de Françoise Sagan, Marc Francelet qui l'entraîna dans l'affaire Elf... Racontant chronologiquement la vie de Sagan, Marie-Dominique Lelièvre dresse en même temps le portrait de la France de l'époque. Elle nous parle aussi longuement des amis de Sagan, des artistes qu'elle a côtoyé.

C'est une biographie gaie par moments mais aussi singulièrement triste car Françoise Sagan, à la fin de sa vie, n'était plus qu'une épave, pauvre et droguée. Ce livre nous montre à quel point cet écrivain a marqué le pays et les esprits. Pour moi, elle n'est pas l'auteur de roman de gare dont on parle. Elle n'est non plus célèbre pour ses frasques. Pour moi, c'est un écrivain de talent. Après, je comprends que tout le monde ne partage pas mon avis. Je pense qu'elle me plaît aussi car elle considérait Colette comme son modèle, et cela se sent dans ses histoires. Et j'adore Colette.

Que dire de plus à part que cette biographie donne surtout envie de lire Sagan. Et de se plonger dans son univers... Car Sagan n'a pas écrit que des livres mais aussi beaucoup de livres souvenirs si on veut. Ses articles sont aussi à lire. Enfin tout quoi. Vous l'avez compris, je l'aime !

PS: Il y a aussi le film Sagan - que j'ai regardé hier soir, histoire d'être encore plus dans l'ambiance - qui est très bien même si la réalisatrice a pris de franches libertés sur la vie de Sagan. Par exemple, Sagan a dû arrêter de boire en novembre 1975 or dans le film on la voit picoler jusqu'à la fin de sa vie. Mais en réalité, si Sagan a commencé à prendre de la cocaïne c'était justement car elle ne pouvait plus boire. Et qu'elle s'ennuyait.

Laurane.

vendredi 19 février 2010

Nos challenges ABC.


Evidemment, il y a tant de livres qu'on va dire que si j'en ai lu un de chaque lettre, ça ira.

Le Challenge de Laurane :


Austen, Jane:
Pride & Prejudice.
Barberry, Muriel:
L'élégance du hérisson.
Barbey d'Aurevilly :
La vieille maîtresse.
Butor, Michel: La modification.
Chevillard, Eric: Oreille Rouge.
Choderlos de Laclos, Pierre: Les liaisons dangereuses.
Capote, Truman:
De sang-froid, La traversée de l'été.
Céline, LF: Voyage au bout de la nuit.
Cohen, Albert: Belle du Seigneur.
Duras, Marguerite: L'amant (ou autre).
Euripide:
Electre, Phèdre, Andromaque...
Fleming, Ian:
Casino Royale.
Gautier:
La morte amoureuse.
Hoffmann: Fantaisies.
Ionesco: Rhinocéros.
Jarry:
Ubu Roi.
Kessel, Joseph: Le lion ou Belle du jour.
Kerouack, Jack: Sur la route.
Lawrence, D.H. :
L'amant de Lady Chatterley.
Maurier (du), Daphné: Ma cousine Rachel.
Malraux:
La condition humaine.
McEwan, Ian: Sur la plage de Chesil.
N'Diaye, Marie: Trois femmes puissantes.
Ovaldé, Véronique: Ce que je sais de Véra Candida.
Oates, Joyce Carol: Blonde.
Perec, Georges:
Les Choses, la disparition...
Pagnol, Marcel:
Le Temps des secrets.
Queneau, Raymond:
Exercices de style.
Rushdie, Salman:
L'enchanteresse de Florence.
Rennison, Louise: Georgia Nicolson, dernier tome.
Sarraute, Nathalie: Enfance.
Sagan, Françoise:
Les merveilleux nuages.
Shakespeare, Süskind:
Le parfum.
Tolstoï, Léon:
Anna Karénine.
Updike, John:
Coeur de lièvre ou Publicité.
Voltaire:
L'ingénu.
Vian, Boris:
Elles se rendent pas compte.
Woolf, Virginia: Mrs Dalloway.
Xinran: Chinoises.
Xianlang, Zhang:
La moitié de l'homme, c'est la femme.
Yourcenar, Marguerite:
Mémoires d'Hadrien.
Zweig, Stephan: Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme.


Le Challenge d'Aymeric:

Asimov Isaac → Fondation
Balzac Honoré de → La peau de chagrin ou les chouans ou Le père Goriot
ou Barbey d'Aurevilly Jules → Le chevalier des touches ou Les Diaboliques
Camus, Albert → L'étranger
ou Conrad Joseph → Au coeur des Ténèbres
Defoe Daniel → Robinson Crusoé
Doyle Conan → Le monde perdu
Ellis Peter → Une mort joyeuse
Flaubert Gustave → Bel Ami
Gautier Théophile → Avatar, et autres récits fantastiques.
Hugo Victor → Les contemplations
ou Hoffmann
Ishiguro Kazuo → The remains of the day (Les vestiges du jour)
Juliet Charles → Lambeau
Kerouac Jack → Sur la Route
ou Kierkegaard → Traité du désespoir
London Jack → La route ou Le silence blanc et autres nouvelles.
Mérimée Prosper → Colomba
ou Maupassant→ Boule de suif
ou Melville → Moby-Dick
Nerval Gérard de → Les filles de feu
ou Nietzsche → Ainsi parlait Zarathoustra
Ondaatje Michael → Le patient anglais
ou Oates Joyce Carol → Black Water
ou Ovide → Les Métamorphoses
ou Orwell Georges → 1984
Perec Georges → W ou le souvenir d'enfance
ou Poe Edgar Allan → Les aventures de Gordon Pym
Queneau Raymond → Zazie dans le métro
Racine → Britannicus
ou Rushide Salam → Les versets sataniques
Saint Exupéry, Antoine de → Le petit Prince
ou Shakespeare
Thucydide → La guerre du Péloponnèse
Upson Nicolas → Crime à l'affiche
Verne Jules → Le tour du monde en 80 jours
Wilde Oscar → Le portrait de Dorian Gray
Xuequin Cao → Le rêve dans le pavillon rouge
Yourcenar Marguerite → L'oeuvre au noir
Zola Emile → La bête humaine

Belle de Jour.


J'ai découvert Belle de Jour grâce à ces jolis coffrets Folio Cinéma et j'ai tout de suite voulu le lire. D'autant plus qu'il figure parmi les 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie (oui, c'est une référence pour moi.)

C'est l'histoire d'un couple bourgeois, Séverine Serizy et son époux Pierre Serizy, qui s'entend à merveille sur tous les plans sauf sur le plan... sexuel. En effet, Séverine est une jeune personne délicate, pudique et disons-le un peu perturbée. Elle adore son mari mais n'arrive pourtant pas à ressentir le même plaisir que lui (c'est dit dans le livre, c'est pas moi).

Un jour, elle apprend qu'une de ses connaissances va dans les maisons de rendez-vous afin de s'y vendre. Cette nouvelle la choque profondément mais réveille en elle de drôles de sentiments... Un ami malavisé lui donne une adresse de maison qu'il fréquentait et Séverine décide s'y rendre. Après moult hésitations, elle finit par devenir Belle de Jour, la troisième demoiselle de la maison de Mme Anaïs.

Joseph Kessel fut accusé de pornographie avec ce roman. Pourtant, il n'en est rien. Rares sont les scènes où on évoque clairement une scène d'amour. La force de ce roman repose dans la finesse de la psychologie de Séverine décrite par Kessel. En effet, ce qui est important, c'est l'observation de ce dilemne qui la saisi: l'amour tendre et sincère qu'elle porte à son mari contre le pouvoir destructeur de la sexualité violente qui s'est emparé d'elle.

Oui, je sais. Ca fait envie comme ça hein?

Mais il n'y a pas que ça. A part les troubles intérieurs de la pauvre fille complètement paumé surgit une autre histoire, celle de Marcel qui devient un amant (un peu trop) régulier de Séverine. Le problème c'est que Marcel est un type louche.

Bon je ne vais pas raconter la suite sinon il n'y a plus d'histoire. Je vous dirais juste donc que la fin m'a relativement choqué. On reste sur une impression de malaise, mais après tout, ceci n'est que le reflet des sentiments de Séverine.

J'ai lu ce roman en un jour car le style et l'histoire sont prenants. J'ai aussi cru reconnaître du Colette dans Belle de Jour, ce qui n'a évidemment pas été pour me déplaire...

Laurane.

mercredi 17 février 2010

Mrs Dalloway


Ca y est. J'ai lu Mrs Dalloway. Et je me sens fière ! Surtout parce que je l'ai aimé.
C'est un livre fascinant je trouve, dans lequel on sent la personnalité complexe de Virginia Woolf.

C'est un livre dans lequel il n'y a pas réellement d'histoire. Clarissa Dalloway organise une réception le soir même. Elle retrouve Peter Walsh qui revient d'Inde dans la matinée alors qu'elle recoud sa robe verte. Il avait voulu l'épouser mais elle avait préféré le calme Richard Dalloway. A partir de là, le lecteur se retrouve dans leurs souvenirs respectifs: de cette jeunesse commune mais aussi du reste de leur vie. Mrs Dalloway est un roman à voix multiples. Finalement, on voit assez peu Clarissa Dalloway bien qu'elle soit au centre des pensées de tous.

De tous, non. Car il y a dans ce roman un autre personnage totalement indépendant d'elle qui va pourtant la perturber à la fin du roman. Je ne vous dis pas pourquoi mais en général on sait quel destin l'attend sans avoir lu le livre. Il s'agit de Septimus Warren Smith que ses parents ont prénommé ainsi car Smith est un nom trop courrant. Mais Septimus est loin d'être banal par sa personnalité car il est entrain de devenir fou. Sa femme, Rezia vit très mal cette situation.
Le personnage de Septimus est vraiment impressionnant selon moi. Virgina Woolf semble avoir mis beaucoup d'elle-même dans ce personnage, peut-être plus que dans Clarissa. En effet, elle aussi entendit des oiseaux parler grec...

Il assez compliquer de parler ce livre car en même temps il n'y a rien à raconter mais aussi trop à raconter. Je pense que ce qui est le plus intéressant c'est la psychologie de ces personnages, que l'on revoit dans le roman ou qui ne sont que de passages. Ces personnages apparaissent car ils ont regardé les personnages créés par Virgina Woolf. Comment expliquer? Par exemple, Septimus et sa femme sont sur un banc et une jeune femme passe à côté d'eux. En une seconde -le temps que cette jeune femme a mis pour passer devant eux - on se retrouve dans la tête de ce personnage secondaire.

J'avais peur de lire ce roman car ce ne sont que des monologues intérieurs. Surtout que j'ai entendu des avis négatif sur ce livre. Mais je ne regrette pas du tout et je pense que c'est le genre de livre que je relirai dans quelques années. Je crois qu'il faut aborder ce livre sans se dire qu'on va lire un roman avec une histoire et des rebondissements. J'ai lu de nombreuses critiques sur des blogs où les lectrices disaient qu'on se sent bercé par le rythme des phrases comme par une vague. Effectivement, cela me paraît une bonne image. Néanmoins, il y a aussi de l'humour de la part de Virginia Woolf lorsqu'elle évoque cette société bourgeoise. Selon moi, il y a dans
Mrs Dalloway des éléments parfaits pour faire un roman inoubliable.

Je ne peux pas faire de "critique" sur
Mrs Dalloway sans parler du film The Hours qui reprend la thématique de Mrs Dalloway en insistant très franchement sur l'homosexualité de Virgina Woolf (et qui se retrouve dans tous les autres personnages). Ce film est très bien mais aussi très déprimant. Les actrices - Meryl Streep en Clarissa moderne, Julianne Moore en lectrice de Mrs Dalloway et Nicole Kidman en fascinante Virginia Woolf - sont éblouissantes.

Laurane.

mardi 16 février 2010

Les dents du tigre de Maurice Leblanc


Dans la série des "Arsène Lupin", Les dents du Tigre sont, comme ce qui est à Sherlock Holmes, le dernier coup d'archet du héros français. En effet dans cet épisode, le gentleman cambrioleur après avoir disparu durant plusieurs années prend enfin une retraite bien méritée. Attention prendre sa retraite pour Arsène Lupin ne signifie pas s'asseoir dans son fauteuil et attendre que l'âge ne lui permette plus de rien faire. Avant de goûter au repos de tant d'années de "loyaux" services dans la filouterie, notre célèbre cambrioleur va devoir résoudre une affaire machiavélique mettant en péril son identité cachée puisque dans l'épisode précédent le héros périt dans une terrible explosion et on ne put retrouver son corps.

Les dents du tigre c'est l'apothéose de la carrière d'Arsène Lupin. Le roman où il trouve enfin un amour sincère et "honnête", où l'Etat français reconnait certains services exceptionnels, etc. J'ai dévoré ce livre, le style de l'écriture de Maurice Blanc simple permet de franchir les chapitres avec aisance. Le lecteur est continuellement dans une ambiance de suspens intenable. Chaque minute peut signifier la mort d'un individu, d'une cible préalablement choisie!

Et ce qui nous fait toujours une agréable surprise, c'est le plaisir d'être toujours dupé jusqu'au dernier moment alors que nous avons tous les éléments en main dès le départ, une des particularités et spécialités de Maurice Leblanc...

Pour les amoureux de ce Sherlock Holmes francisé, je recommande chaudement ce livre. Ou au cas où certaines personnes ne le connaitraient pas encore, je vous conseille donc de lire L'aiguille creuse par exemple relatant un épisode de la jeunesse de notre cher Arsène Lupin.


Aymeric.